Les subtilités du travail d’interprète : il ne suffit pas de traduire les mots pour faire passer un message, il faut également prêter la plus grande attention au ton de sa voix. Exemple :
J’avais passé la matinée à faire l’interprète dans une réunion. Il était environ midi, nous avions commencé à 9 h (avec quelques pauses café, mais quand même), mon cerveau me faisait l’impression de se transformer peu à peu en « jelly » bien anglaise, j’avais faim et j’avais repéré qu’on était en train de préparer la salle voisine en vue de notre déjeuner. Le président de la réunion a alors dit : “And on to the last item on the agenda”, que j’ai correctement traduit de la façon suivante : “Nous allons maintenant passer à la dernière question de l’ordre du jour”. Pourquoi alors les 12 personnes présentes ont-elles éclaté de rire ? Parce que tandis que le président de la réunion avait employé un ton parfaitement neutre, j’ai parlé avec un tel soulagement dans la voix que j’aurais aussi bien fait de dire : « DIEU MERCI on va passer à la dernière question de cet ordre du jour interminable et je vais finalement pouvoir manger et bavarder pendant une bonne heure. » Cependant, dans ce court moment d’hilarité, Anglais et Français ont tous été brièvement unis dans la compréhension d’un sentiment exprimé de façon si claire. Rien de tel que le rire (même à mes dépens) pour jeter à bas les barrières entre personnes.