J’ai passé la plus grande partie de la journée d’hier au téléphone, à envoyer des IM, des e-mails et des textos, tout en faisant mon possible pour rester concentrée sur mon travail, qui ne cessait de s’accumuler. Notre amie Gabs était en train d’accoucher et nous n’avions pas de nouvelles.
Le soir, en route pour le concert de Blur, nous avons décidé d’appeler la mère de Gabs. Moi : “Bonjour, Mme R. Des nouvelles de Gabrielle ?”. Elle : “No. I’m having kittens here.” C’est fou. Gabs était en train d’avoir un bébé et sa mère était en train d’avoir des chatons. Quelle coïncidence étrange. Je n’avais jamais entendu cette expression, mais sa signification était limpide, vu la situation. Une fois rentrée, j’ai regardé dans mon dictionnaire, qui me donne la traduction suivante : “Piquer une crise”. Cela ne me plaît pas beaucoup, cette expression étant plutôt utilisée pour décrire un moment de colère. Je préfère “Être dans tous ses états”, qui est plus proche de l’état de panique dans lequel on se trouverait si on donnait vraiment le jour à des chatons. Ou si sa fille était en train d’accoucher et qu’on n’avait pas de nouvelles.
J’ai trouvé une explication très intéressante à cette expression :

Dire qu’on est “en train d’avoir des chatons” est une façon dramatique d’exprimer son anxiété ou sa peur. Pour nous, ce n’est qu’une métaphore que personne ne prendrait jamais littéralement. Pourtant, cette phrase remonte à l’époque où les femmes avaient vraiment peur de donner naissance à des chatons, et pas à un enfant.

Jadis, les gens croyaient en la sorcellerie et aux mystérieuses influences des chats, qui s’étendaient même à leur vie sexuelle. Par exemple, un chat noir s’invitant lors d’un mariage était un signe de bonne fortune et d’une union féconde.
Il se peut qu’une superstition, jadis répandue chez les Écossais, soit à l’origine directe de cette expression. Selon elle, une femme pouvait concevoir des chatons, si, sans le savoir, elle mangeait un aliment souillé de sperme de chat.
Extrait de “How Did It Begin?” de R. Brasch (Pocket Books, New York, 1966).

PS : Little Mo s’est finalement joint à nous hier à 18 h 37. Bienvenue, Little Mo !