Les faux anglicismes ne sont-ils pas de drôles d’animaux ? Hier soir, j’expliquais à un ami que ma grande ambition dans la vie, c’est d’avoir une salle de jeux chez moi avec un billard et un baby-foot. “Un quoi ?”, m’a-t-il demandé. J’oublie toujours que malgré son faux-air de British, c’est l’un de ces mots traîtres, un de ces hybrides trompeurs, un mot anglais créé par des non-anglophones.
J’imagine que puisqu’on avait déjà sous la main un mot anglais, football, guillotiné par l’usage courant pour donner foot, il a dû sembler logique d’y ajouter baby pour décrire ce qui s’appelle en fait table football en anglais. Pourquoi ne pas avoir opté pour foot de table ? J’ai une théorie à ce sujet : comme il est difficile de prononcer [d], une consonne occlusive sonore, à la suite de [t], une consonne occlusive sourde, [babifut] s’est imposé car sa phonétique se prête parfaitement à un usage par des francophones.