Language Hat prouve que l’un de mes faits linguistiques préférés, que j’ai souvent entendu cité par des personnes semblant savoir de quoi elles parlaient, est en fait complètement faux. Je croyais vraiment que les Eskimos ont cent mots pour désigner la neige, prouvant que le langage est un produit culturel créé par une société pour modeler un univers commun. Si on vit dans un climat où la neige prédomine, il semble logique qu’on développe un grand nombre de mots pour différencier ses différents types selon sa texture, son poids, sa couleur, etc., tandis que les habitants du Sahara n’y voient sans doute que du blanc uniforme.
Cependant, Geoffrey Pullum explique dans cet article que cela n’est pas le cas. Language Hat offre également cette fameuse liste de 100 mots pour désigner la neige. Du moins, c’est ce que je pensais. Enthousiasmée, j’ai cliqué sur le lien menant à la liste avant de lire l’article ; je croyais donc que ce que j’avais devant les yeux était le fruit de longues recherches linguistiques par des températures polaires. Je suis sans cesse éberluée par la crédulité sans bornes dont je fais souvent preuve, et confuse d’avouer que je n’ai compris qu’il s’agissait d’une blague que lorsque j’ai lu la définition suivante :
gristla : neige frite