De toutes les expressions françaises, Entre chien et loup est ma préférée. J’en ai parlé récemment avec Meredith, qui est tombée dessus dans un essai. Elle lui a tout de suite plu et m’a demandé comment je la traduirais en anglais.
Ma réponse a été la suivante : aucune idée. Je ne traduis que de l’anglais vers le français, et il m’est plus difficile d’aller dans l’autre sens. En général, les traducteurs ne traduisent que dans leur langue maternelle. Quelle que soit la qualité de votre seconde ou troisième langue, il est extrêmement difficile de produire une traduction pouvant passer pour un original (l’une des priorités de la traductrice) avec une langue autre que celle qui vous accompagne depuis vos premiers jours.
Il y a quelques mois, j’ai fait une traduction dont la relecture a été confiée à un traducteur (britannique) travaillant du français vers l’anglais. Ma cliente m’avait assuré que son français était impeccable ; en effet, il était prof de fac dans une très bonne université. Il a parsemé ma traduction de fautes d’orthographes, de fautes de grammaire et de phrases bancales. Je ne doute pas un instant que son français soit excellent et qu’il soit un très bon traducteur (du français vers l’anglais). Cependant, il est à mes yeux impossible qu’une personne dont la langue maternelle n’est pas le français en surpasse une autre, élevée en France entourée de francophones. Elle ne peut tout simplement pas avoir le même niveau d’intimité et d’aisance avec la langue. Bien entendu, les bilingues sont une catégorie à part et on est en droit de se demander s’il est possible d’avoir deux langues exactement au même niveau, mais c’est une autre discussion.
Bref, en tant que francophone, ma connaissance des expressions idiomatiques anglaises est limitée, et c’est pourquoi j’aimerais demander l’aide des personnes de langue maternelle anglaise qui lisent ceci.
Entre chien et loup est une expression qui peut se comprendre à des niveaux multiples. On l’utilise pour décrire une heure précise de la journée, juste avant la nuit, lorsque la lumière est tellement faible qu’il est difficile de faire la différence entre un loup et un chien. Cependant, il n’est pas uniquement question de lumière. Elle illustre également la limite entre le familier, qui nous met à l’aise, et l’inconnu, qui est dangereux (ou entre l’univers domestique et l’univers sauvage). On se trouve sur un seuil incertain entre l’espoir et la peur.
Alors, comment la traduiriez-vous ?