Les blagues sont ma bête noire. Faire l’interprète entre des Britanniques et des Français m’a appris que l’humour varie énormément suivant les cultures. Il m’est souvent arrivé de dire à des Français, curieux de savoir pourquoi leurs partenaires anglais s’esclaffaient alors que ce que je leur avais traduit était parfaitement sérieux : « Ils rient parce que M. Untel vient de faire une blague/un jeu de mots/une référence culture intraduisible. »
Il y a quelques mois, je servais d’interprète à une charmante Française lors d’une réunion comprenant quatre Anglais, deux Espagnoles et deux Allemandes. À un moment, elle a prononcé les mots que je crains par-dessus tout : « J’en ai une bien bonne à leur raconter. » Les principaux protagonistes de sa blague d’un goût fort douteux étaient une Italienne et une culotte rouge. La mort dans l’âme, sachant qu’elle n’allait pas passer du tout en anglais, je me suis exécutée. Résultat : quelques rictus crispés et polis. Il n’y a pas pire réaction quand on vient de raconter une blague qu’on trouve à mourir de rire.
Merci à Caroline de m’avoir envoyé le lien d’un article de CNN sur l’humour et la traduction, dont voici le début :
Hé ! Vous connaissez celle de la blague nulle d’un homme d’affaires américain qui a suscité l’hilarité chez les Japonais à qui il s’adressait ?
L’Américain, curieux de savoir pourquoi ils avaient tant aimé sa blague, s’en enquit plus tard auprès de son traducteur officiel, qui lui répondit : « Votre blague était déplacée, donc je ne l’ai pas traduite. Je leur ai juste dit : « Votre hôte vient de faire une blague. Veuillez rire.&quot.