« Neck of the woods » (intraduisible, mais je risquerai « recoin de forêt ») est une expression que l’on utilise pour décrire là où on habite. Elle est particulièrement incongrue quand on vit dans une ville et que pour toute forêt, on doit se contenter des arbres qui bordent sa rue. Quand je l’utilise, j’ai l’impression que Hove est un environnement hostile où la lutte pour la survie est un souci quotidien. C’est comme si je vivais entourée d’ours et de couguars au lieu de mouettes et d’écureuils ; comme si je devais me lever à l’aube pour traire les vaches au lieu d’aller chercher sur mon perron la bouteille de lait qu’on me livre tous les matins.
J’ai toujours pensé que cette expression datait de l’époque où les forêts couvraient une plus grande superficie de l’Angleterre et où les gens vivaient à la Robin des Bois. Cependant, cela ne collait pas avec l’utilisation de « neck ». On peut utiliser ce mot dans un contexte géographique, mais pas vraiment pour une forêt.
The Word Detective nous offre une explication autrement plus intéressante :

« Neck » fait partie de toute une série de termes inventés par les colons au début de la conquête de l’Amérique pour décrire leur nouveau chez eux. Apparemment, ils ont sciemment décidé d’éviter les noms d’endroits utilisés en Angleterre pendant des milliers d’années et de créer des nouveaux termes « américains ». Ainsi, au lieu de « moor », « heath », « dell », « fen » et autres termes du vieux monde, les colons ont adopté « branch », « fork », « hollow », « gap », « flat » et autres termes utilisés à la fois en tant que noms (« We’re heading down to the hollow ») et en tant que noms propres (« Jones Hollow »).
« Neck » est utilisé en anglais depuis environ 1555 et décrit une avancée étroite de terre, généralement entourée d’eau. Ce choix provient de la ressemblance de cette caractéristique géographique avec une encolure d’animal. Mais ce sont les Américains qui ont été les premiers à l’utiliser dans le contexte d’une zone de forêt étroite, et, détail plus important, d’une colonie située dans une partie précise des bois. Dans un pays en grande partie recouvert par les forêts, votre « neck of the woods », c’était votre chez vous, le premier quartier américain.

En français, je ne crois pas qu’on puisse traduire cette idée par une métaphore. Je dirais « chez moi », « dans mon patelin », « par chez moi ».