Hier, c’était une première pour moi : j’ai rencontré des clients, ainsi que les autres traductrices (italienne, espagnole et allemande) qui travaillent également pour eux. Ça peut sembler bizarre, mais en quatre ans et demi, j’ai fait des traductions pour un grand nombre de personnes, mais je n’en ai jamais rencontré aucune.
J’ai passé une excellente après-midi ; nous avons parlé de leurs objectifs en tant que société et de la manière dont nos traductions pouvaient les aider à les atteindre. Je voulais savoir pourquoi ils avaient choisi des traductrices indépendantes plutôt que de confier ce gros projet en dix langues à un bureau de traduction. Ils m’ont dit qu’ils voulaient nouer des liens avec la collectivité locale (ils sont basés à Hove) et entretenir une relation à long terme pour développer un style cohérent, ce qui est plus facile avec des individus.
Nous avons discuté des problèmes rencontrés au cours des traductions déjà entreprises pour eux, dont la question du ton à employer, que j’ai trouvée particulièrement intéressante. Il s’agit du site Web d’une école d’anglais qui s’adresse à des élèves potentiel(le)s et à leurs parents ; il était donc difficile de trouver le bon ton, qui devait être moderne et chaleureux tout en restant sérieux. Chose intéressante, les traductrices italienne et espagnole ont adopté l’équivalent du pronom « tu », donc informel, tandis que la traductrice allemande et moi avons opté pour une forme d’adresse plus formelle. Je pensais qu’utiliser « tu » pouvait paraître condescendant et un peu trop familier, tandis qu’avec « vous », on est en terrain sûr, et en rendant le reste du texte attrayant, on peut facilement obtenir un ton contemporain et convivial. En italien et en espagnol, l’équivalent du « vous » français aurait créé trop de distance entre les étudiant(e)s et l’école, les relations élèves-profs dans ces pays semblant plus détendues. Il était intéressant de voir qu’il était possible de conserver un style semblable dans plusieurs langues à l’aide de choix linguistiques différents.
J’ai vraiment l’impression de mieux savoir ce qu’ils attendent de moi et qu’à l’avenir, je disposerai de tous les atouts pour les satisfaire. En plus, ils étaient vraiment charmants et ils avaient acheté assez de biscuits pour nourrir un petit continent, ce qui, pour une relation professionnelle à long terme, représente une excellente base.