Grâce à LanguageHat, j’ai maintenant la réponse à une question qui me turlupinait depuis longtemps. Pourquoi, selon vous, les journalistes et politiques appellent-ils Saddam Hussein « Saddam » ? J’ai toujours trouvé cela incongru, tout comme il serait complètement déplacé d’appeler Tony Blair « Tony » et Jacques Chirac « Jacques » lors du 20 h.
Apparemment, cela est dû à plusieurs raisons : « Hussein » est le prénom de son père, et il pourrait donc être trompeur de l’appeler ainsi, tandis que tout le monde sait qui est « Saddam ». En fait, il s’appelait autrefois Saddam Hussein al-Majid al-Tikriti (« Saddam, fils de Hussein al-Majid, membre de la tribu al-Tikriti »). Cependant, quand le parti Baas est arrivé au pouvoir en 1968, il a interdit aux Irakiens d’utiliser le nom associé à leur tribu, pour montrer qu’ils obéissaient à présent à l’État et au Président, et non plus au chef de leur tribu. C’est ainsi que l’ex-Président irakien est devenu « Saddam Hussein ». Pour une explication complète, cliquez ici.
J’ai particulièrement apprécié l’analyse de la prononciation de son nom (ma traduction) :

Certains critiques affirment que la Maison Blanche a tout fait pour mal prononcer son nom. Ils accusent certains de le prononcer « SOD-eum », version qui rappelle étrangement le nom de la cité biblique à la réputation douteuse. Ils affirment également qu’une autre version, « SAD-eum », très utilisée par le père de George W. Bush au début des années 90, est au centre d’une conspiration visant à en modifier la signification en arabe. Les universitaires indiquent que porter l’accent sur la première syllabe fait que « celui qui confronte » [Saddam en arabe, prononcé correctement] devient « mendiant aux pieds nus ».
Après avoir étudié la question, Susan Butler, éditrice du dictionnaire australien Macquarie, a fait le commentaire suivant : « C’est une théorie fascinante, mais je me demande si le premier Président Bush connaissait assez bien l’arabe pour se rendre compte de tout cela. »