Il m’est arrivé de faire l’interprète dans des conditions difficiles, tout en me sentant tendue, nerveuse, fatiguée et même malade, mais je n’aurais jamais imaginé que mon plus grand défi serait d’interpréter tout en me sentant comme une enfant de quatre ans le matin de Noël. Dans un hélicoptère.
Hier, j’étais dans le West Sussex pour servir d’interprète durant une réunion d’affaires entre une société britannique et ses distributeurs français. Aux alentours de midi, le directeur anglais a dit : « Je suggère que nous continuions à travailler jusqu’à une heure, que nous allions manger et que nous rentrions pour mettre tout au point. We can fly to Shoreham to a nice restaurant I know. »
Fly ? J’ai passé en revue mes options à vitesse grand V. Que pouvait-il vouloir dire si ce n’est que nous devions nous dépêcher ? J’ai donc traduit la dernière phrase de la manière suivante : « Nous irons sans perdre de temps manger dans un bon restaurant de Shoreham. »
Puis il ajouta : « Le restaurant a un jardin de bonne taille et son propriétaire me laisse y poser l’hélicoptère. »
J’ai dû faire preuve d’un contrôle de moi surhumain pour ne pas me mettre à faire des bonds sur place en glapissant « Youpi youpi youpi youpi ». Au lieu de cela, j’ai fait passer l’information à ses partenaires commerciaux d’une voix professionnelle et calme.
Au cours de l’heure qui a suivi, j’ai eu un mal fou à demeurer concentrée sur ce qui se passait autour de moi et à maîtriser ma surexcitation à l’idée de faire un tour en hélicoptère. Pas évident, mais un truc m’y a aidée : je me suis forcée à prendre beaucoup plus de notes que d’habitude pour empêcher mon esprit de s’égarer.
Finalement, le tour en hélicoptère a été formidable et la journée très intéressante. C’est vraiment fabuleux de pouvoir combiner traduction et interprétariat et de pouvoir quitter mon bureau de temps en temps, surtout quand mes clients me réservent d’aussi bonnes surprises.