Un grand merci à Zachary pour m’avoir envoyé le lien vers un article du NY Times sur l’exécrable traduction en anglais de &quotLe deuxième sexe », l’œuvre essentielle de Simone de Beauvoir. Cet article ne va pas être disponible gratuitement très longtemps, alors je vous conseille d’aller vite le consulter avant qu’il soit payant.
Pourquoi ce livre a-t-il été si mal traduit ? Parce que le traducteur, Howard Madison Parshley, était un professeur de zoologie à la retraite qui avait écrit un livre sur la reproduction humaine et faisait régulièrement la critique de livres sur la sexualité pour le New York Herald Tribune. Il n’avait jamais étudié la philosophie ou l’existentialisme. Pas étonnant qu’il ait rendu une aussi mauvaise copie ; le vocabulaire utilisé par De Beauvoir appartient à un courant précis de la philosophie existentialiste et dans son œuvre, elle développe une vision inédite de la femme : « On ne naît pas femme, on le devient. » Il fallait donc être vraiment optimiste pour espérer qu’un sexologue vieillissant produise une traduction fidèle de l’œuvre d’une féministe radicale (pour son époque).
Dans son article, Zachary mentionne le fait qu’il faut avoir une solide connaissance d’un sujet pour se lancer dans une traduction, et que le reste du monde semble de pas comprendre cela. Il a raison. Il m’est souvent arrivé de me voir proposer des documents traitant de domaines totalement inconnus de moi. On est souvent choqué et ennuyé quand je refuse de prendre en charge une telle traduction, et on semble avoir du mal à comprendre qu’un document présente plusieurs aspects ; même si j’en connais bien la langue, il me sera impossible de faire du bon travail si je n’en maîtrise, au moins dans une mesure raisonnable, le sujet.
… et merci à Adeline pour son lien vers un nouveau forum consacré aux problèmes de traduction.