Voici une phrase tirée d’une récente traduction me permettant de donner un exemple de synecdoque et d’expliquer la manière dont je l’ai approchée. Le contexte est celui d’un tournoi de foot entre des écoles de différents pays.
All the games were played in good spirit, with Spain’s San Juan [school] handing out school crests to all their opponents and St Joseph’s [school] giving each school a specially made trophy to commemorate the event.
J’ai mis les synecdoques en gras : un tout (l’école) sert à représenter une de ses parties (les écoliers). Entre parenthèses, on peut également utiliser une synecdoque dans l’autre sens, une partie représentant un tout (la couronne = la monarchie). J’ai rechigné à conserver la synecdoque dans ma traduction car je trouvais le résultat maladroit. La forme possessive Spain’s San Juan était difficile à rendre sans utiliser le mot école, ce qui menait à un « des fanions à ses couleurs » qui ne me plaisait pas du tout et à des répétitions déplaisantes.
Tous les matches se sont déroulés dans un bon esprit : l’école espagnole de San Juan a distribué des fanions à ses couleurs à tous ses adversaires et St Joseph’s a offert à toutes les écoles un trophée spécialement conçu pour commémorer cet événement.
Normalement, j’utilise des synonymes pour éviter de telles répétitions. Cependant, il m’était difficile d’en trouver pour école ; établissement pouvait faire l’affaire, mais avec spécialement et événement dans la même phrase, l’assonance était lourde. En outre, la phrase était trop longue. Cependant, quand je suis coincée, je trouve utile de rédiger une première traduction, toute lourdingue et imparfaite qu’elle soit, pour trouver un moyen de débloquer la situation et de dégripper les structures.
J’ai choisi d’abandonner la synecdoque et de rendre aux écoliers le rôle qui était le leur dans la réalité. Au bout du compte, la phrase était beaucoup plus fluide et je pouvais facilement trouver ce que j’appellerais des « synonymes contextuels » (mots pouvant être utilisés en tant que synonymes, mais uniquement dans un contexte donné) pour les écoliers (joueurs, adversaires, homologues, élèves). Cette longue phrase étant difficile à scinder, j’ai également remplacé et par tandis que, ce qui m’a permis d’ajouter une virgule et une pause où reprendre son souffle. Voici le résultat :
Tous les matches se sont déroulés dans un bon esprit : les joueurs espagnols de San Juan ont distribué des fanions aux couleurs de leur école à tous leurs adversaires, tandis que les élèves de St Joseph’s ont offert à leurs homologues un trophée spécialement conçu pour commémorer cet événement.