J’ai enfin vu Être et avoir (Nicolas Philibert, 2002) ce week-end. Tout s’était ligué contre moi pour que je le rate quand il était à l’écran à Brighton, et donc, après des mois passés à entendre tout le monde me dire qu’il est excellent, je l’ai vu sur DVD.
Il s’agit d’un documentaire qui retrace une année scolaire dans une petite école perdue au milieu des champs auvergnats, où des enfants allant de quatre à dix ans passent leurs journées dans une classe unique sur laquelle règne un maître. Je l’ai beaucoup aimé. C’est un de ces films qui dépassent largement le cadre étroit de leur sujet (comme le réalisateur le dit dans l’un des bonus du DVD). La nature de l’enseignement, la vocation, l’enfance, grandir, la douleur, la tragédie, tout y est.
Les films sont un outil précieux quand on apprend une langue étrangère et je conseille à toute personne apprenant le français de regarder Être et avoir. C’est un film à l’intrigue très simple (le maître enseigne, les enfants ne se rappellent pas quel chiffre vient après six) et aux dialogues souvent ingénus. Je me rappelle l’immense fierté que j’ai éprouvée la première fois que j’ai regardé un film en anglais et que j’ai réussi à comprendre quelques répliques. Cela m’a énormément encouragée. Même si on pense qu’on ne comprend rien, on engrange deux ou trois trucs ci et là, qui finissent par former un système après un certain temps. Un temps iiiiiiiiinfini, dans mon cas, mais ça vaut vraiment la peine de persévérer.