Récemment, ma petite routine a pris un sacré coup dans l’aile. J’ai fait plus d’interprétariat que d’habitude, une amie est en train de démolir notre salle de bains (en vue de l’améliorer) et j’ai même rencontré d’autres traductrices. C’est un drôle de choc pour moi ; en effet, cela fait quatre ans que je passe la grande majorité de mes journées à travailler seule dans mon petit bureau.
Les traductrices/teurs peuvent mal vivre la solitude et l’isolement imposés par leur activité. Il peut être difficile de se motiver quand on n’a pas envie de travailler, personne n’est là pour vous aider quand vous avez un problème et il n’est pas rare qu’on se surprenne à bavarder avec ses plantes. Beaucoup de gens me disent qu’ils ne comprennent pas comment je peux passer mes journées toute seule et qu’ils ne pourraient pas le faire. En fait, cela me plaît bien ; ma vie sociale est très chargée en soirée et le week-end et j’aime me plonger dans mon travail sans avoir à subir d’interruption. J’apprécie également de ne pas avoir à me plier ou m’adapter aux méthodes de travail d’autres personnes ; je travaille de la manière qui me semble la plus efficace et je ne peux m’en prendre qu’à moi-même en cas de pépin.
Je me sens parfois seule, mais il m’est assez facile de résoudre cela : je bavarde en ligne avec des amis, il y a de nombreux forums pour traducteurs sur l’Internet et j’arrive souvent à convaincre quelqu’un de déjeuner avec moi. Je suis également ravie du tour pris par mon activité : mes nombreuses missions d’interprétariat font que je rencontre plus de gens et que j’ai une bonne excuse de quitter mon appartement et j’ai beaucoup aimé parler boulot avec mes collègues de Brighton & Hove.
Je me rends parfois dans les bureaux d’un client à Londres pour apporter la touche finale à certains projets et je suis toujours abasourdie de voir combien les gens bavardent et se baladent. Cependant, j’ai à présent compris à quel point il est difficile de se concentrer sur son travail quand on est entouré de gens. La salle de bains est devenu un véritable aimant ces derniers temps, même quand mon amie n’a pas besoin d’une des 4,2 tasses de thé qu’elle consomme chaque heure. J’aime tant bavarder avec mes semblables qu’il vaut sans doute mieux que je ne travaille pas dans un bureau, ou je n’accomplirais pas grand-chose. Ces derniers jours, ma productivité (et ce blog) ont énormément souffert de la simple présence d’une autre personne chez moi. J’en conclus donc que même si le travail indépendant ne convient pas à tout le monde, c’est vraiment la méthode de travail que je préfère.