Le mot bug a plusieurs significations, mais c’est celle apparentée au domaine des machines et des pannes qui m’intéresse aujourd’hui. Comme on pouvait s’y attendre au vu de l’aura de problème qui entoure ce mot, ni son origine ni sa traduction en français ne sont simples. Que d’histoires pour un si petit mot !
Certains pensent que le mot bug, utilisé pour désigner la panne d’un programme informatique, par exemple, vient du fait qu’un papillon de nuit a causé la défaillance du Mark II sur lequel Grace Murray Hopper travaillait en 1945. Elle et ses collègues ont même placé l’insecte en question dans leur journal de bord avec la mention « First actual case of bug being found » (premier cas répertorié de bug informatique).
Cependant, selon l’OED, son utilisation remonte à 1889 et à la citation suivante : « M. Edison, I was informed, had been up two previous nights discovering « a bug » in his phonograph – an expression for solving a difficulty, and implying that some imaginary insect has secreted itself inside and is causing all the trouble » (On m’a dit que M. Edison avait passé deux nuits blanches à cause d’une « bug » dans son phonographe – cette expression décrit la résolution d’une difficulté, et implique la présence d’un insecte imaginaire à la source de toutes sortes de problèmes).
En 1896, le Hawkin’s New Catechism of Electricity (Theo. Audel & Co.) (via dictionary.com) comportait une entrée disant : « The term « bug » is used to a limited extent to designate any fault or trouble in the connections or working of electric apparatus » (le terme « bug » est utilisé dans une certaine mesure pour désigner toute panne ou problème de connexion ou de fonctionnement d’un appareil électrique).
En français, on emprunte bug la plupart du temps (451 000 résultats avec Google), mais on a également francisé ce terme avec bogue (92 300 résultats avec Google). Si l’on en croit Wikipedia, bogue a été recommandé par la Délégation générale à la langue française et aux langues de France in 1983. C’était à l’origine un mot féminin, mais sous l’influence canadienne, ce terme a changé de genre pour devenir masculin, peut-être pour le différencier clairement d’UNE bogue.