J’étais en train de rechercher l’origine du mot pique-nique (picnic vient-il de pique-nique ou l’emprunt s’est-il fait dans l’autre sens ?) quand je suis tombée sur un document affirmant qu’il venait d’une coutume de l’Oklahoma, qui voulait qu’on prenne un repas à l’extérieur le vendredi soir avant de lyncher un Noir. Selon cette explication, picnic serait la contraction de pick a nigger. Cependant, c’est complètement faux : picnic vient bien de pique-nique (de piquer et nique, « petite chose sans intérêt »).
Cela m’a rappelé l’expression to call a spade a spade : certains pensent qu’à l’origine, spade représentait le pique des cartes à jouer et par extension, toute personne noire, mais comme je l’explique dans les commentaires de mon billet anglais, j’ai trouvé que cette explication était complètement fausse.
Il existe une autre expression dont on croit, à tort, qu’elle est raciste : nitty-gritty, qui est censée faire référence à ce qui restait dans les bateaux du temps de l’esclavage une fois que les esclaves vivants avaient débarqué. Cependant, cette origine est fort douteuse, le terme ayant fait son apparition pour la première fois en 1956, si l’on en croit le Random House Historical Dictionary of American Slang (via World Wide Words).
Un nouvel exemple de langage accusé à tort d’être raciste : un fonctionnaire de Washington a dû démissionner après avoir utilisé le mot niggardly (mesquin, rien à voir avec nigger) durant une réunion professionnelle (voir l’article du Washington Post).
Je me pose donc la question suivante : pourquoi tous ces mythes entourant des expressions et mots parfaitement inoffensifs ? Pour niggardly, je comprends qu’on puisse se tromper, mais en ce qui concerne les expressions citées, pourquoi inventerait-on des origines, qui bizarrement, découlent toutes d’une époque où l’esclavage et le racisme faisaient loi ?