Transblawg nous informe du fait que le Bureau des brevets et des marques commerciales américain a rejeté le nom « Dykes on Bikes » (Gouines à moto) car le mot « dyke » est vulgaire, insultant et « scandaleux ».
Je ne doute pas que les avocats en question soient très intelligents, mais il ne suffit pas de brandir un dictionnaire indiquant qu’un terme est désobligeant pour avoir raison. Le fait est qu’il est possible de transformer certaines insultes en outils puissants d’identification grâce au processus de récupération. Si ces motardes se reconnaissent dans le nom « dykes », c’est faire preuve d’une incroyable condescendance que de leur dire qu’elles ont tort. Pour reprendre Charlotte : « se réapproprier complètement de tels mots leur confère une profondeur et une pluralité sémantique qui peut aider certaines personnes à transformer la douleur en pouvoir. »
Je me demande si c’est ce qui inquiète vraiment ces juristes bien-pensants et sans aucun doute hétérosexuels : la pensée que ces lesbiennes puissent être bien dans leur peau et utiliser le langage pour revendiquer leur identité.