Une collègue m’a contactée pour me demander mon aide. Elle devait traduire une phrase contenant « Alaska », et se demandait quel genre elle devait utiliser. Son dictionnaire lui disait qu’Alaska était un nom masculin, mais elle pensait qu’il devait être féminin, sa terminaison en -a étant normalement associée au genre féminin.
Il s’agit d’un problème courant lié aux noms propres, dont le genre n’est pas nécessairement évident. Comme il n’existe pas de pronom neutre en français, il peut être difficile de décider entre le masculin et le féminin : février « est-il » ou « est-elle » ?
Il existe une règle qui veut qu’un nom hérite du genre du nom générique qui le représente ; par exemple, Paris est une ville, et donc du genre féminin. Février est associé au nom générique mois, il est donc masculin. Cependant, tout n’est pas toujours si simple : il arrive qu’un nom soit associé à plusieurs noms génériques de genre différent. Pour reprendre l’exemple donné plus haut, on peut considérer l’Alaska comme un État (masculin) ou comme une région (féminin). C’est là que les traductrices et traducteurs commencent à développer des maux de tête.
Pour répondre à ce dilemme, j’ai trouvé un petit truc qui me permet de faire mouche à tout coup : je déplace carrément la question du genre d’un nom.
Admettons que j’aie à traduire la phrase suivante :
Alaska is colder than Morocco
Je n’essaierais pas de déterminer s’il vaut mieux dire
L’Alaska est plus froid que le Maroc
ou
L’Alaska est plus froide que le Maroc
Je me contenterais simplement d’enrichir la phrase pour faire disparaître le problème, par exemple :
Le climat de l’Alaska est plus froid que celui du Maroc
L’adjectif « froid » n’est alors plus associé à un Alaska qui a des problèmes identitaires, mais au très mâle « climat ».
Autre exemple, utile celui-ci lorsqu’on traduit des documents marketing :
Fabulouspots is present in 75 countries
devient
La société Fabulouspots est implantée dans 75 pays.
Et voilà !