Je n’accepte jamais, au grand jamais, de faire des tests gratuits.
Enfin, presque jamais.
Le problème, à mon avis, c’est que les tests gratuits se suivent et ne ressemblent pas : ils sont tous différents et doivent être jugés indépendamment les uns des autres. Aux débuts de ma carrière de traductrice, j’ai fait beaucoup de tests gratuits pour des agences de traduction variées, pensant en toute naïveté que c’était le meilleur moyen de trouver des clients. Les résultats ont été piteux : la plupart du temps, je n’ai obtenu aucune réponse, et si on me répondait, c’était pour m’informer que j’appartenais maintenant à leur « base de données de traducteurs » et qu’on me contacterait aussitôt qu’on aurait besoin de moi. Ce qui était plutôt rare. Mais quand on y pense, que prouvent de tels tests ? Pas grand-chose ! Si un mauvais traducteur a envie de se faire embaucher par une agence, il peut très facilement confier le test à un collègue éprouvé, contre monnaie sonnante et trébuchante. D’un autre côté, l’un de ces tests m’a valu d’obtenir un client à qui, cinq ans plus tard, j’envoie toujours une facture tous les mois. Cependant, ce n’est que l’exception qui confirme la règle. Maintenant que j’ai un peu plus d’expérience et que mes priorités ont changé, je n’accepte plus de faire des tests gratuits, en particulier pour des agences de traduction qui me contactent au hasard.
Cependant, une personne travaillant pour la faculté d’une université anglaise m’a récemment contactée pour m’offrir un projet important (plus de 50 000 mots). Elle avait trouvé mon site Web et pensait que je pourrais peut-être les aider. Bien que mon profil lui plaise, elle voulait s’assurer que j’étais capable de produire une bonne traduction de son document à la fois important et long. Elle m’a donc demandé si je voulais bien en traduire gratuitement un court passage. J’ai accepté, pour différentes raisons : tout d’abord, la personne qui m’a contactée avait une approche extrêmement professionnelle, et j’aimais le ton de ses emails détaillés. Ensuite, il s’agit d’un projet important assorti d’une échéance serrée ; je pouvais donc bien comprendre qu’elle veuille s’assurer de la qualité de mon travail. Bien que mes qualifications et mon expérience prouvent que je suis une traductrice « sérieuse », le sujet du document en question était tellement spécifique qu’elles ne suffisaient pas nécessairement à garantir que j’étais la personne la mieux qualifiée pour le prendre en charge. Enfin, j’avais vraiment envie de faire cette traduction ! En dehors du fait que décembre et janvier sont d’ordinaire des mois plutôt calmes, le sujet abordé m’intéressait beaucoup et je savais que travailler dessus me plairait énormément.
Ils ont évalué ma traduction très rapidement et me l’ont renvoyée avec quelques commentaires précieux pour la suite. J’ai maintenant hâte de développer une bonne relation de travail (espérons-le !) avec un client direct fort intéressant.