« President Bush promised to bring liberty and freedom to the world. »
Quelle est la différence entre liberty et freedom ?
Il n’existe qu’un mot en français, liberté, pour exprimer le « droit d’exprimer toute opinion politique et religieuse et de vivre et agir sans subir le joug du gouvernement ou d’un autre pays » (définition de l’OED du mot freedom) ou de « vivre sa vie à sa guise, sans trop d’interférence du gouvernement » (définition de l’OED du mot liberty). Ces définitions ne m’ont pas aidée à voir la différence entre les deux mots, je me suis donc tournée vers leur étymologie :
Free
Le sens premier de cet adjectif est « cher » ; la signification germanique et celte provient du fait qu’on appliquait cet épithète aux membres du clan qui étaient apparentés à son chef, par opposition aux esclaves.
Liberty
Moyen anglais liberte, de l’ancien français, du latin libertas, de liber, libre.
Il semble donc que freedom ait un sens plus politique, autrement dit le droit de disposer de sa personne sans avoir à rendre des comptes à personne, tandis que liberty est un concept plus général et individuel.
Les trois articles suivants offrent plus d’explications sur ces deux mots :
An existential approach to the concept of liberty
Liberty and Freedom: The many competing visions of American society
The difference between liberty and freedom
Cependant, je pense que c’est une distinction extrêmement subtile et que la plupart des gens ne font pas la distinction entre ces deux mots. Pourquoi, alors, les utiliser ensemble et créer une impression de répétition ? Je pense qu’utiliser deux mots différents ayant la même signification permet de renforcer le concept et d’y ajouter une certaine résonance. Le concept de liberté est très simple et puissant ; une fois qu’on a prononcé le mot, il n’y a pas grand-chose à jouter, mais c’est une idée tellement fondamentale qu’un mot isolé semble ne pas lui faire justice. « Freedom » est un concept fort, mais « Liberty and freedom » est une notion encore plus évocatrice, pour laquelle on a envie de se battre. En outre, ces deux mots sonnent bien ; cela est peut-être dû au fait qu’ils comptent six syllabes, autrement dit un hémistiche ou demi-alexandrin, le vers de douze syllabes traditionnellement utilisé pour les récits épiques en français…