The Guardian nous dit que, dans le cadre du désastre causé par l’ouragan Katrina, l’utilisation du mot refugee a été condamnée par des groupes qui luttent pour les droits civiques : « C’est un terme insultant, » a dit Bruce Gordon, président du National Association for the Advancement of Colored People. « Ces gens sont des Américains, comme nous. Utiliser le mot réfugié donne l’impression qu’ils ne sont pas des nôtres. »
Refugee vient du latin refugium , de refugere , s’échapper : re- + fugere , s’enfuir. Dans son sens original, le mot refugee , qui désigne une personne en fuite, pour une raison ou pour une autre, ne contient pas de connotation négative ; impossible d’y voir une insulte. J’ai été très étonnée par son analyse du mot, et au début, j’ai pensé qu’il avait ainsi réagi parce que normalement, c’est dans les pays du Tiers-Monde déchirés par les guerres civiles et les problèmes politiques qu’on trouve des réfugiés. Voulait-il vraiment dire « Nous les Américains, il est impensable que nous soyons associés aux réfugiés que nous voyons d’habitude à la télévision fuir des sociétés minées par la pauvreté » ?
J’ai quand même consulté l’OED pour éclaircir le débat, et l’une des significations qu’on y trouve (en plus de « Personne déplacée », qui s’adapte le mieux à la situation actuelle aux USA, à mon avis) est la suivante : « Personne qui, suite à des persécutions religieuses ou à des troubles politiques, cherche refuge dans un pays étranger ». C’est sans doute la signification que Bruce Gordon avait en tête quand il a dit que le mot refugee implique que ces personnes sont étrangères au reste de la population.