Relecture d'un texte passé à la traduction automatique
22 février 2007
Je viens de recevoir un email commençant ainsi :
Cher traducteur,
Nous recherchons des traducteurs ayant l’expérience de textes de l’UE et d’organismes officiels dans le cadre d’un appel d’offres pour l’UE. Le projet consiste en la relecture de textes de l’UE générés par un programme de traduction automatique.
J’ai arrêté là ma lecture. J’espère que ce type d’offre ne laisse pas présager le rôle futur des traductrices et traducteurs. Passer mes journées à transformer la prose infâme d’une machine en français décent, pour un salaire de misère ? Non merci.
Auteur : céline, in Drôle de métier, ; Date : 22 février 2007Et bien, si l'UE s'y met, l'avenir est morose pour les traducteurs non specialises en litterature.
En plus, quelle perte de temps et quel gachis de talents et de savoir-faire! Passer deux fois plus de temps (et pour un salaire divise de moitie) a s'arracher les cheveux devant un texte mal ecrit qu'on aurait tres bien pu traduire soi-meme...
Reste a esperer que tous les traducteurs qui recevront cet email feront comme toi et le mettront directement a la poubelle.
Un seul mot: RESISTONS!
Punaise, quel enfer, comme travail, et quel toupet de demander!
Auteur : Abie ; Date : février 25, 2007 4:45 AMFaudrait faire savoir à ce type de client que ça coûterait moins cher de nous demander de le traduire comme il se doit, dès le départ... je sens que mes tarifs vont s'accroître mystérieusement sur réception de telles requêtes!
Auteur : Gen ; Date : février 25, 2007 2:26 PMOn croyait à une époque que seuls les métiers des secteurs primaire et secondaire pouvaient être remplaçables par des machines. On se rend compte que tout s'automatise, même les services, quand il ne s'agit pas de outsourcing bas de gamme. Je ne suis pas traductrice (bien qu'il me soit parfois demandé de faire des travaux d'adaption), mais j'imagine qu'il y aura toujours quelques jeunes traducteurs frais, candides et bon marché pour accepter de huiler les rouages de ce système au grand dam de leur propre avenir.
Auteur : Gertrude ; Date : février 26, 2007 1:22 PMJe viens de lire cette petite discussion et je me suis précipité pour le montrer à mes collègues
(je suis étudiant en Master d traduction spécialisée) et du coup ça nous a cassé le moral.
En plus c'est bientôt les concours....
Je pense que ceux qui font recours à une forme plutôt automatisée de la traduction
ne connaissent pas vraiment le travail à faire.
Bon, je vais essayer de vous remonter le moral, alors : j'ai envoyé un email à l'agence en question disant que si jamais ils obtenaient le contrat et s'ils voulaient que je bosse avec eux, ils devraient payer mon tarif de traduction, qui est beaucoup plus élevé que le tarif normalement demandé pour la relecture. Je comptais ainsi me débarrasser d'eux et leur faire comprendre que nous les traducteurs, on n'aime pas passer après les machines, mais à ma grande surprise, ils ont accepté !
Auteur : céline ; Date : mars 8, 2007 11:28 AMPrevious: février 15, 2007
De passage : Droit de réponse au billet de Xavier >>
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