C’est génial d’être originaire d’un pays dont les habitants ont une réputation d’impolitesse inhérente. Cela veut dire qu’on peut, de temps en temps, se laisser aller à être un brin mal embouchée sans pour cela se faire mal voir : les gens qui vous entourent se contentent d’attribuer votre manque de civilité au fait que vous avez été élevée en France, ce qui vous exonère plus ou moins de toute responsabilité personnelle (elle n’y peut rien, elle est française !). C’est drôlement pratique.
Pour aider les touristes déroutés à communiquer avec les gens qui ont érigé la grossièreté française au rang d’art véritable, je veux bien sûr parler des affreux Parisiens, C’est so Paris ! propose une liste de gestes et mimiques pour aider les visiteurs de la capitale à comprendre ce qu’on leur dit s’ils sont assez téméraires (ou inconscients) pour essayer d’interagir avec les gens du cru (donné dans cet article du Telegraph repéré par notre spécialiste maison des études de marché). Vous y découvrirez des exemples parfaits de haussements d’épaules, de moues et autres manières typiquement françaises d’exprimer toutes sortes d’émotions. Je réserve mon « haussement d’épaules de la semaine » à Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse du G8 tenue juste après une réunion avec Vladimir Poutine. Notre Président, célèbre pour ne boire que de l’eau, s’est-il laissé aller à descendre un ou deux verres de vodka avec son homologue russe ? À vous d’en juger.

Puisqu’on parle de gestes, je viens de découvrir que le « V », autrement dit l’index et le majeur levés, dos de la main vers la personne visée, et qui est une insulte au Royaume-Uni, ne remonte peut-être pas à l’époque ou les Anglais et les Français passaient leur temps à s’entre-tuer. J’avais lu que les soldats français tranchaient le majeur et l’index des archers anglais pour les empêcher d’utiliser leurs armes, ce qui menait les archers qui avaient échappé à ce traitement à les brandir devant leurs ennemis en guise de provocation. Malheureusement, cet article de snopes démolit de façon assez convaincante ce mythe particulièrement pittoresque. Je ne vous dis pas la déception.