Volet 1
Si le premier volet de ce journal décrivait mon parcours, cette deuxième partie se penche davantage sur les démarches que j’ai faites depuis la parution début mai des résultats du Diploma in Translation.
Après les épreuves en janvier, j’étais bien décidée à mettre à profit la longue attente qui s’offrait à moi pour acquérir de l’expérience et ajouter quelques lignes ô combien nécessaires à mon CV. Cela ne pouvait être que positif, me semblait-il, et ce, que je réussisse ou que j’échoue à l’examen. J’ai donc décidé de faire du bénévolat.
Bien qu’on puisse me faire remarquer que proposer ses services gratuitement n’est pas la meilleure manière pour essayer de gagner le respect de la profession, j’étais convaincue que c’était la meilleure solution pour moi. L’organisation que j’ai choisie offre plusieurs avantages : située dans ma ville, elle jouit d’une certaine réputation, traite de sujets qui m’intéressent et a besoin régulièrement de traductions. De plus, j’avais la chance de savoir qui contacter là-bas. Par ailleurs, comme je savais qu’ils étaient en train de renouveler le financement pour gérer leur site Internet dans quatre langues, j’espérais pouvoir ainsi me placer en bonne position pour décrocher le contrat dès que l’argent arriverait.
Tout le monde y a vraiment trouvé son compte : mon portfolio compte désormais deux évaluations de clients de plus et j’ai une promesse d’embauche pour leur prochain projet. Afin d’élargir mon champ d’expérience tout en me rendant utile, je me suis aussi inscrite auprès de deux organisations caritatives : Bénévolat en ligne pour l’ONU et Traducteurs sans Frontières.
Toutefois, se lancer comme traductrice indépendante ne se résume pas à trouver des clients, comme j’ai pu le découvrir dans le très utile Starting Up as a Translator de Stephen Hackett et Tim Connell. Cela veut dire avant tout créer une entreprise. N’ayant pas un sens des affaires inné, je décidai d’aller chercher l’aide de « professionnels » auprès du centre d’aide aux entreprises de ma ville. Comme j’habite au Pays de Galles, cette aide est dispensée par deux branches différentes : Business Eye est un centre d’information alors que le General Support for Business financé par le gouvernement de l’assemblée galloise propose des conseils individualisés et des formations. Business Link en Angleterre et Business Gateway en Écosse regroupent ces deux aspects. Et bien, vous ne devinerez jamais tout le temps qu’il m’a fallu pour comprendre tout cela et me repérer dans ce dédale d’organisations. D’autre part, certains comtés accordent des subventions pour le démarrage d’entreprise ou le commerce en ligne. Malheureusement, là où j’habite, les aides sont épuisées. Vous pouvez toutefois consulter les subventions disponibles sur le site J4begrants.
Trouver la structure vers laquelle se tourner est une chose, trouver le bon conseiller en est une autre. Pour faire court, je me suis retrouvée à me déclarer bien trop tôt comme travailleuse indépendante auprès de l’équivalent britannique du fisc, Her Majesty’s Revenue and Customs. Dans ce pays, on a jusqu’à trois mois pour se déclarer après avoir commencé à gagner de l’argent. Donc, si vous ne voulez pas payer vos cotisations de sécurité sociale avant même d’avoir été payée, attendez d’avoir encaissé votre premier chèque.
On m’a dirigée vers un conseiller spécialisé en commerce électronique dont le travail consiste à trouver un concepteur graphique de site Web fiable et à superviser la construction du site. Ce programme était financé (il a pris fin le 30 juin) par Opportunity Wales et l’Union Européenne. La première consultation est gratuite, et on paye ensuite au prorata du temps passé sur le dossier. Je dois dire que ce service m’a épargné bien des efforts et m’a fait gagner un temps précieux.
Ma plus grande difficulté était sans doute de savoir par quoi commencer ; ce fut donc un vrai soulagement lorsqu’on m’envoya suivre une formation de quatre jours. Intitulé « créer votre entreprise », ce cours était très complet, abordant toute une variété de sujets tels que les différents organismes d’aide à la création, les études de marché, les stratégies marketing, la planification financière et les impôts. En outre, rencontrer d’autres apprentis indépendants ou chefs d’entreprise était non seulement rassurant mais aussi le moyen d’établir des contacts.
J’ai décidé de ne me lancer véritablement que quand mon site Web sera terminé, mon statut de membre de l’IOL accordé, mes tarifs en place et mes cartes de visite imprimées. Je veux me sentir fin prête. En attendant, je note sur une liste les entreprises et les agences à contacter. Dans le prochain numéro, j’expliquerai sur quels critères j’ai sélectionné mes cibles et comment je m’y suis prise.
Marie.
À suivre.