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Mon billet récent sur les mots finissant en –berry m’a rappelé un email envoyé il y a quelques semaines par une amie, suite à une conversation sur l’origine de l’expression playing gooseberry (traduction littérale : jouer la groseille à maquereau) :

J’ai fait une rapide recherche sur Google pour playing gooseberry (dans le sens de « tenir la chandelle ») et j’ai trouvé un site qui suggère que gooseberry est un euphémisme pour le diable. Qu’en penses-tu ?

Pourquoi pas ? Il est vrai que le mot gooseberry est l’un des nombreux noms donnés au diable, et que ce dernier est sans aucun doute un chaperon particulièrement malvenu lors d’un rendez-vous amoureux. Cependant, le Bloomsbury dictionary of word origin suggère une autre origine pour cette expression :

L’expression to play gooseberry, qui veut dire qu’on est une troisième personne indésirable lors d’un rendez-vous entre deux amants, remonte au début du 19e siècle. Il trouve peut-être son origine dans la notion d’un chaperon prétendument très occupé à cueillir des groseilles à maquereau pendant que le couple qu’il est censé surveiller fait ce qu’il a à faire. Le terme gooseberry-picker, ou « récolteur de groseilles à maquereau » était au 19e siècle un terme désignant un chaperon.

L’Oxford English Dictionary confirmant cette utilisation du terme gooseberry-picker, cette explication semble plutôt convaincante.
Le Dictionnaire d’expressions et locutions nous donne l’origine de l’expression française équivalente, « tenir la chandelle » :

Parmi les coutumes qui entouraient de prescriptions déplaisantes la nuit des noces, figurait celle qui imposait à un garçon d’honneur la tâche d’éclairer le coucher des mariés : ce chandelier devait tourner le dos.

Personnellement, je préférerais ramasser des groseilles à maquereau que tenir la chandelle.