Il y a quelques temps, un collègue a posé une question intéressante sur les spécialisations sur l’une des listes dont je suis membre. Un client lui avait demandé s’il avait de l’expérience dans le domaine de la radiothérapie et s’il souhaitait effectuer une traduction touchant à ce sujet. Dilemme : il était armé de dix ans d’expérience dans le domaine médical mais n’était pas sûr d’avoir déjà traduit des textes sur la radiothérapie. Cependant, au fil des ans, il avait pris en charge des documents extrêmement variés, toujours avec succès, et malgré son manque d’expérience dans ce domaine précis, il était certain de pouvoir faire du bon travail. Que dire au client ? Voici ma réponse :

La réponse à ta question est toute simple et elle est même contenue dans ton email. Celui-ci montre que tu as une certaine expérience dans ce domaine et que tu es un bon généraliste qui, en menant des recherches approfondies, est capable de prendre en charge quantité de textes différents sur des aspects variés du monde médical. Si ton client est certain de vouloir un traducteur avec des millions de mots à son passif dans ce domaine spécifique, il continuera à chercher le candidat idéal, mais s’il ne trouve personne, ce qui est probable, il te recontactera en sachant exactement ce que tu proposes.

Je me suis récemment trouvée dans la même situation. Une cliente m’a demandé si je voulais traduire un document sur les fibres optiques. C’est un domaine que je connais très peu et ma première réaction a été de dire non, mais une rapide recherche sur l’Internet m’a révélé l’existence d’un grand nombre de ressources pour m’aider à me familiariser avec le sujet. Qui plus est, ma cliente pouvait m’envoyer plusieurs documents de référence, y compris une traduction récente sur le même thème. J’ai accepté la traduction, et tout se passe très bien.
Je conviens qu’un ingénieur spécialiste des fibres optiques et titulaire d’un diplôme de traduction aurait été le candidat idéal, mais une telle combinaison de compétences est très rare. Je pense qu’une bonne traductrice peut prendre en charge un projet dans un domaine spécialisé (à condition qu’il ne soit pas trop obscur !) tant qu’elle peut passer du temps à mener des recherches poussées pour en comprendre les bases et se familiariser avec sa terminologie. Il est bien entendu nécessaire de vérifier le document source pour s’assurer qu’il ne contient pas trop de jargon et reste intelligible. Les domaines que je refuse d’entrée sont la finance (je n’y comprends rien), et d’autres, comme le droit, qui ont développé leur langage propre, à tel point qu’il vaut mieux avoir suivi une formation juridique pour vraiment en comprendre le jargon. Point crucial durant la prise de décision : toujours être honnête avec la cliente pour qu’elle sache exactement ce qu’elle obtiendra de vous.