Faut-il sauver le point-virgule ?

4 avril 2008

Faut-il sauver le point-virgule ?

Oui ! Mais je n'ai pas le temps d'expliquer pourquoi, submergée que je suis par les cartons et le travail. J'aimerais tout de même bien connaître votre opinion.

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Auteur : céline ; Date : 4 avril 2008
Le coin technique

Commentaires

Ben moi j'en utilise souvent, dans mon boulot comme dans mes mails perso. Enfin en tout cas il me semble, je vérifierai de plus près. Peut-être suis-je vieillotte. Je ne pensais pas qu'il avait besoin d'être sauvé. Ça alors !

Auteur : marianne ; Date : 4 avril 2008 15h54

Moi aussi je l'utilise, ne serait-ce que pour varier les plaisirs dans un texte. Il est bien pratique pour reprendre son souffle dans les phrases un peu longues, qui sont aussi en voie de disparition, remarquez.

Auteur : céline ; Date : 4 avril 2008 16h04

Ah, je suis à tout prix pour qu'on le sauve! Il a une fonction différente du point, de la virgule et du deux-points, il a donc son utilité. Vive la richesse de la ponctuation!

Auteur : Sophie C. ; Date : 5 avril 2008 12h15

J'avais plaidé, le 8/05/2006, pour la sauvegarde du point-virgule en ces termes:

La ballade du point-virgule.

O funeste sort, qu’as-tu fait, pauvre ami,
Contre les écrivains, pour sombrer dans l’oubli ?
Faut-il que soit passé le temps de tout’ nuance
Pour que soit enterré celui qui fut, en France,
Le flambeau de Corneille et de La Boëtie,
De Ronsard, de Boileau, et tant d’autres ici ?
A toi je veux tresser les lauriers de la gloire,
De ta disparition, fai-re toute une histoire,
Afin que dans les siècles, à jamais on célèbre
Celui qui fut occis par une main funèbre.
Générant la rupture sur qui l’on s’interroge,
Son couple élégant apporte et s’arroge
Le désir de poursuite que, trop frêle, on obère,
Pas pour continuer, seulement pour se distraire.
Ne nous enfermons pas, de grâce, derrière une porte !
Qu’adviendra-t-il de nous, justifiant de la sorte
Ceux qui, fruits de l’hymen de l’Ève hypothétique,
Unie à Jupiter, tirent une gloire chimérique,
Et traitent de moins que rien et de menu fretin
Tous ceux dont l’existence n’est pas leur gagne-pain.
D’un être abandonné, ne scellons point le sort,
Vous verrez assez tôt comme ce vieillard en sort,
Loin d’être pour vous d’une gêne outrancière,
Surgissant du néant, comme on sort de la bière,
Il pointera son nez, exigence absolue,
A l’instant où, distraite, vous ne l’attendrez plus
Ne heurtons pas de front, nouvelle hérésie,
Camouflet inutile à tous ceux qui le prient
Ceux qui, en ses vertus, ont une foi absolue.
Ce cri du cœur pour lui, je pousse vers les nues.
Amis de l’Atelier, je vous demande ainsi
De garder en réserve, lui qui a tant servi,
Celui qui, du possible maintient le champ ouvert,
Un rien, un petit signe typo supplémentaire…

Claude DANIS, le 8/05/2006
dans http://www.super-daddy.com/AtelierEcriture/AE_la_ballade_du_point_virgul...
Avec une discussion et des commentaires...
Pour abonder en ce sens, je proposais que tous les point-virgulophiles adoptent CE LOGO (;-)) dans leur signature, au lieu du (:-)) qui n'a, on doit l'avouer, aucun caractère...
Ainsi, notre héros retrouverait-il un usage universel.
(;-)) (;-)) (;-))

Auteur : super daddy ; Date : 6 avril 2008 16h50

Oui, il faut sauver le point virgule. Il donne du rythme même aux phrases relativement courtes. "Je m'appelle Claudine ; je suis née à Montigny en 1884 ; probablement je n'y mourrais pas". (Colette, Claudine à l'école)

Auteur : Lola ; Date : 7 avril 2008 10h18

Bon exemple Lola (by the way, c'est 'mourrai' (futur) pas 'mourrais' (conditionnel)).
[Si vos pas vous portent vers Saint-Sauveur-en-Puisaye, visitez le musée qui est consacré à Colette ainsi que la maison de son enfance. C'est très émouvant.]
Autre exemple de l'utilisation du point-virgule chez PROUST. Ici, le début de "Du côté de chez Swann." Voyez comme le ; est magistralement utilisé pour évoquer cette continuité, cette mouvance de la pensée qui chemine et se métamorphose à travers le sommeil, puis se prolonge à l'éveil:
Et, une demi-heure après, la pensée qu'il était temps de chercher le sommeil m'éveillait ; je voulais poser le volume que je croyais avoir dans les mains et souffler ma lumière ; je n'avais pas cessé en dormant de faire des réflexions sur ce que je venais de lire, mais ces réflexions avaient pris un tour particulier ; il me semblait que j'étais moi-même ce dont parlait l'ouvrage : une église, un quatuor, la rivalité de François Ier et de Charles-Quint. Cette croyance survivait pendant quelques secondes à mon réveil ; elle ne choquait pas ma raison, mais pesait comme des écailles sur mes yeux et les empêchait de se rendre compte que le bougeoir n'était plus allumé. Puis elle commençait à me devenir inintelligible, comme après la métempsycose les pensées d'une existence antérieure ; le sujet du livre se détachait de moi, j'étais libre de m'y appliquer ou non ; aussitôt je recouvrais la vue et j'étais bien étonné de trouver autour de moi une obscurité, douce et reposante pour mes yeux, mais peut-être plus encore pour mon esprit, à qui elle apparaissait comme une chose sans cause, incompréhensible, comme une chose vraiment obscure.

Auteur : jean-paul ; Date : 10 avril 2008 6h56

Je le vois, en effet, de moins en moins et je l'utilise très peu moi-même. Mes clients eux-mêmes le retirent. "Trop littéraire". La question est : y a-t-il eu des signes de ponctuation qui ont déjà disparu par le passé ?

Auteur : Gertrude ; Date : 13 avril 2008 9h50

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