Je suis blessée. Ma productivité va chuter et je vais avoir du mal à envoyer toutes mes traductions à temps. Les blessures et maladies graves ont un impact considérable sur les travailleurs indépendants ; elles nous empêchent de travailler et donc de gagner notre vie. Si nous sommes hors service trop longtemps, à cette perte de revenus peut s’ajouter une perte de clients, qui sont tentés de chercher une autre personne capable de prendre en charge leurs travaux de traduction. C’est pour cela que j’ai pris une assurance qui me couvre si je suis dans l’impossibilité de travailler à cause d’une maladie ou d’une blessure, mais elle ne prend effet qu’après une période d’inactivité de 13 semaines. Ce n’est pas idéal, mais un délai plus court s’accompagnerait de cotisations largement plus importantes.
La sécurité était donc ma préoccupation numéro un lorsque je me suis lancée à l’assaut de ma première piste, entourée de surfers-bolides et autres missiles humains. En plus de cela, comme j’étais avec des amis plus doués que moi (y compris un guide de haute montagne), j’ai été obligée d’aller plus vite que ne me le dictait la prudence pour ne pas trop me laisser distancer. Cependant, l’idée d’une jambe cassée me faisait tellement horreur, pour mon travail et en général, que je me suis concentrée à fond et que j’ai réussi à survivre indemne à trois jours de ski aussi intenses que fantastiques.
carrotsoup Alors, que s’est-il passé ? Ma célèbre soupe à la carotte. Trois jours à dévaler des pentes enneigées et raides, un petit peu trop vite au vu de mes capacités limitées, et où est-ce que je finis par me blesser ? Dans ma propre cuisine. Je ne me suis pas contentée d’émincer 600 g de carottes, j’ai aussi réussi à ajouter un bout d’index gauche à ma tambouille. Résultat : je dois taper avec un doigt équipé d’un énorme pansement. Ça fait (un peu) mal et je n’arrête pas de taper sur deux touches à la fois. La morale de l’histoire ? Je n’en suis pas sûre. Remarquez, la soupe au doigt était bonne.