Wuthering

26 août 2008

Comme on peut le lire en deuxième page du célèbre roman d’Emily Brontë,

Wuthering Heights (Les Hauts de Hurlevent), tel est le nom de l’habitation de Mr Heathcliff : « wuthering » est un provincialisme qui rend d’une façon expressive le tumulte de l’atmosphère auquel sa situation expose cette demeure en temps d’ouragan.

L'Online Etymology Dictionary nous dit qu'il s'agit d'une

variante d'un mot issu du dialecte du Nord de l'Angleterre et de l'écossais whithering, mouvement rapide, passage à toute vitesse, vent violent, du verbe whither (1375), utilisé pour décrire des coups de vent et des accès de toux, de l'ancien norrois *hviðra (voir le mot norvégien kvidra, aller et venir à toute vitesse), mot apparenté à l'ancien anglais hwiþa, air, brise.

Cette origine norroise ne me surprend pas ; les Vikings ont laissé leur marque dans le Nord de l'Angleterre, en particulier dans les divers dialectes et noms d'endroits de la région (en particulier les noms finissant en -by et en -thorpe et bien sûr York, qui s'appelait autrefois Jorvik). Je vous conseille de jeter un coup d'œil à cet excellent site, qui propose des cartes du Nord-Est avec ses noms d'endroits et leurs origines.

J’ai lu Les Hauts de Hurlevent alors que j’étais adolescente et je l’ai adoré ; j’avais donc hâte de me rendre à Haworth, non loin de Leeds, où les Brontë passèrent leur vie, afin de découvrir les paysages qui ont inspiré tant de romans exceptionnels.

Je n’ai pas été déçue.

haworth

Voici le paysage en route vers Top Withens, la maison qui aurait inspiré Emily Brontë.

wuthering heights

Et voici Top Withens, qui ne ressemble en rien à la description de Wuthering Heights dans le roman.

Top Withens

Mon amie Jo m’a demandé si j’ai dansé autour de la maison en glapissant, habillée d’une robe blanche. Quelle n’a pas été son horreur quand j’ai dû confesser que je ne connaissais pas la chanson de Kate Bush. Moi qui croyais connaître de mieux en mieux la culture de ce pays. En fait, je l’avais entendue, mais je ne savais pas qu’elle parlait de Heathcliff et de Catherine. La honte.

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Auteur : céline ; Date : 26 août 2008
Mots

Commentaires

Très belles photographies !
Je suis également allée à Haworth, il y a peu de temps et j'y suis restée quelques jours.
http://rosesdedecembre.blogspot.com/search/label/Haworth
Vous avez grimpé sans difficultés jusque là-bas ?
Top Withens n'est peut-être pas vraiment la référence qu'avait en tête la demoiselle Brontë...
Et, puisqu'ici il est question de traduction, il est bon de noter que la traduction (superbe) du titre du roman "Les hauts de hurlevent" a fait jurisprudence:
http://rosesdedecembre.blogspot.com/2005/11/traduction-cration-or-not.html
Il fallait y penser.

Auteur : Holly G. ; Date : 26 août 2008 15h00

Oui, le chemin est très bien balisé, sans difficulté notable, mais j'avais tant hâte de m'y rendre que j'y suis presque allée en courant. Ces landes, ces paysages sauvages, en apprendre plus sur le génie de cette famille, quel bonheur ça a été.

Je suis d'accord avec vous pour la traduction de « Wuthering Heights ». Tony du côté anglais du blog semble ne pas l'aimer, moi je la trouve parfaite.

Auteur : céline ; Date : 26 août 2008 15h18

Oui, une traduction parfaite, tellement parfaite qu'elle rend vaine toute autre tentative.
Le chemin est indiqué, avec des panneaux, tout le long, oui, mais c'est épuisant. Faire le chemin à pieds depuis Haworth est, pour moi, une petite folie. Je dois préciser que je ne suis pas sportive pour deux sous. Je ne suis jamais allée regarder du côté anglais de votre site ! Je vais y remédier.

Auteur : Holly G. ; Date : 26 août 2008 16h20

Il paraît qu'Emily Brontë a davantage été inspirée par une autre ferme pour l'apparence de Wuthering Heights : Whitcross Grange (je ne pas sûre du nom, cité dans une des brochures de l'office du tourisme à Haworth, qui m'a été confirmé par deux personnes de la région il y a quelques années), située dans un des villages qui bordent la lande.
Et l'influence norroise ne s'arrête pas là : les berceuses reproduites dans les Hauts de Hurlevent seraient des variantes de berceuses scandinaves du 9ème siècle (d'après un article paru dans un des bulletins de la Brontë Society, conservé dans la petite bibliothèque du presbytère, à laquelle on accède en traversant la cuisine reconstituée. J'ai eu le bonheur d'y faire trois jours de recherches intensives...)

Auteur : Sabine ; Date : 27 août 2008 11h44

Je vois que je suis loin d'être la seule passionnée des Brontë !

Auteur : céline ; Date : 27 août 2008 11h52

à lire: l'analyse faite par Virginia WOOLF
http://ebooks.adelaide.edu.au/w/woolf/virginia/w91c/chapter14.html


Remarque:
Le patronyme Heathcliff n'est pas anodin. Heath + Cliff

Heath: lande
1 a: a tract of wasteland b: an extensive area of rather level open uncultivated land usually with poor coarse soil, inferior drainage, and a surface rich in peat or peaty humus
>>> Symbolise: aridité, absence de relief + HORIZONTALITÉ, fuite vers l'horizon


2 Cliff: falaise
A very steep, vertical, or overhanging face of rock, earth, or ice
>>> Symbolise: limite extrême, vide, chute + VERTICALITÉ + mouvement vers le bas

Heathcliff est un personnage à double dimension géographique antagoniste
W. H est le roman de la démesure de la passion et de la haine sur cette lande où souffle un vent de folie.

Auteur : jean-paul ; Date : 30 août 2008 7h52

Tiens, je croyais que le nom d'York venait du britonnique et avait un étymon apparenté à "eburos" gaulois, "ibar" vieil irlandais, "efwr" gallois, signifiant "if" (l'arbre), à rapprocher aussi d'Eber- en allemand (Ebermunster, le monastère de l'if ou du sorbier). York a comme parents Evreux, Evry, Ivry, Yverdon parmi les lieux les plus connus.

Auteur : Dominique ; Date : 30 août 2008 8h57

Raaaah je découvre ton blog, j'adore !!!!!! Je suis prof d'anglais, ultra-fan de trad, obsédée par les détails, je reviendrai souvent !!!!!

Auteur : Belliflora ; Date : 3 septembre 2008 8h20

"Les Hauts de Hurlevent", pour transcrire en français "Wuthering Heights", reste pour moi l'un des plus magnifiques exemples non seulement de traduction mais d'adaptation. Au point que le titre même est parfois plus connu, en France, que l'oeuvre.
Bien des éditeurs pensent qu'il suffit, pour "adapter", de faire appel à des personnes bilingues. C'est faire abstraction de la difficulté de rendre l'âme plus que le sens, le goût plus que la couleur. L'adaptation est un art qui demande une connaissance pointue de la langue traduite (et donc de la culture qui en est à l'origine) mais aussi une capacité à ressentir et transmettre les nuances liées aux subtilités propres à l'écrivain.
Bien traduire, c'est connaître un peu une langue, beaucoup un auteur et passionnément un genre. Bref, une histoire humaine qu'aucun logiciel ne pourra compenser. ;o)

Auteur : Neault ; Date : 18 septembre 2008 22h19

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