L’économie mondiale est en crise et, bien que le monde de la traduction semble être plus à l’abri que d’autres secteurs, nous allons sans doute être affectés à un moment ou à un autre. J’ai lu récemment une discussion sur proz sur le thème des mesures prises par les traducteurs et traductrices afin de réussir dans un climat aussi difficile. Vous pouvez lire les 15 et quelques pages de réactions, mais j’ai eu envie de parler brièvement de ma propre expérience et de publier les billets de deux collègues de passage. Celui qui suit est de Jost Zetzsche, de l’International Writers’ Group et auteur de l’excellent Translators’ ToolKit, et il suggère que les périodes calmes sont le moment idéal d’apprendre à utiliser correctement les outils dont on se sert.
Il est intéressant de noter que j’ai eu deux périodes relativement calmes à ce jour, l’une il y a quelques années, quand j’ai commencé, et l’autre récemment, en octobre dernier. La première fois, sans malheureusement pouvoir mettre à profit les conseils de Jost, j’ai acheté Trados afin de travailler de manière plus efficace. La seconde fois, tout récemment, j’ai décidé de mettre à jour et d’optimiser mon site Web pour qu’il soit plus facilement trouvé par des clients potentiels. Le nouveau site ne va pas tarder à être mis en ligne et je suis bien contente d’avoir utilisé mes quelques jours de calme pour me consacrer à ce projet maintenant que je suis à nouveau débordée.
Bref, je vais laisser la parole à Jost, qui va nous parler de TEnTs. Samedi, je publierai un billet de Jill Sommer sur le marketing par email.
Les temps durs sont porteurs d’opportunités pour les traducteurs
Je sais, je sais : on trouve des traducteurs qui n’ont pas encore ressenti les effets de la récession (si vous en faites partie, toutes mes félicitations). Cependant, ce n’est pas le cas de tous. Soudain, les offres d’emploi se font rares et le surmenage laisse la place à la prospection.
Pourquoi ne pas tirer à profit cette période de calme pour développer ses connaissances ? Pourquoi ne pas faire un bilan de son environnement informatique, réévaluer ce qui est utile et ce qui ne l’est pas et partir à la chasse aux outils qui nous aideront à obtenir l’avantage si longtemps recherché et qui sera bienvenu quand le travail reprendra de plus belle ?
Le problème avec les outils est le suivant : de bénédiction ils peuvent se transformer en réelle malédiction si l’on ne sait pas s’en servir. (Exemple concret s’appuyant sur un outil concret : avez-vous déjà essayé de dévisser une vis cruciforme bien avec un tournevis à tête plate ? Non seulement on enrage parce que c’est impossible, mais en plus, on risque d’endommager la vis à tel point que le bon tournevis n’y aura plus prise. À présent, remplacez les éléments de cette métaphore avec des logiciels et des fichiers.)
Nous sommes nombreux à connaître la règle des 5 à 10% pour l’utilisation de Word de Microsoft. Les chercheurs affirment que c’est la proportion de ce programme connue d’un utilisateur moyen, qui ignore tout des 90 à 95% restants. D’ailleurs, la commande la plus souvent utilisée, Coller, est la plus utilisée : 31% de toutes les actions ! Il ne s’agit que de Word, donc ce n’est pas grave : c’est un programme utilisé par un peu tout le monde, et si l’on ne sait pas faire une fusion de courrier ou dessiner un organigramme, ce n’est pas la fin du monde (sauf bien sûr si l’on a besoin de faire une fusion de courrier ou de dessiner un organigramme…)
À mon avis cependant, la situation n’est pas la même pour les outils de traduction assistée par ordinateur ou « TEnTs » (Translation environment tools), comme je préfère les appeler. Ces outils ne sont pas utilisés par Mme Tout le monde ; ils ont été créés tout spécialement pour les professionnels de la traduction. Il est peu probable qu’on utilise la totalité des fonctions de Wordfast, Déjà Vu ou MemoQ (vous pouvez remplacer ces noms de produits par tout autre produit en vente), et pourtant elles sont utiles et il serait appréciable de pouvoir en tirer parti, ne serait-ce qu’une fois.
Il m’arrive souvent d’entendre des gens se plaindre que s’il est facile de commencer à utiliser un TEnT, il est beaucoup plus ardu d’approfondir sa connaissance de tels outils. C’est une récrimination en partie justifiée. Tout utilisateur se doit d’apprendre les rudiments d’un programme pour commencer, mais l’utilisation qui s’ensuit varie grandement. Il est tout simplement beaucoup plus difficile de connaître tous les aspects d’un outil (et ils sont nombreux : ce n’est pas pour rien qu’ils s’appellent « Outils d’environnement de traduction » !).
C’est là qu’une pause forcée prend tout son intérêt : elle nous offre la chance de faire une incursion dans la jungle de fonctionnalités de nos programmes. Certains sont livrés avec une bonne documentation, tandis que d’autres nous laissent nous débrouiller. Heureusement, toutes leurs fonctions peuvent être découvertes avec un bon manuel ou/et l’aide des groupes d’utilisateurs, en général extrêmement chaleureux, qu’on trouve sur groups.yahoo.com.
Voici comment vous lancer à la découverte de votre outil. En général, de tels programmes présentent une ou deux boîtes de dialogue assorties de nombreux onglets appelés « Options », « Préférences » ou « Paramètres ». Je les qualifie de « Centre de commande » car c’est là qu’on peut normalement définir une grande partie des paramètres. Cliquer sur toutes ces options peut sembler rébarbatif, mais rappelez-vous vos cours de grammaire et vos listes de vocabulaire quand vous avez commencé à apprendre une langue étrangère : étape certes quelque peu pénible, mais ô combien nécessaire. C’est ainsi qu’il faut aborder l’utilisation de ses programmes.
Si vous n’avez jamais acheté aucun de ces outils, c’est le moment ou jamais. Si vous désirez découvrir et comparer tous les différents outils, je vous conseille de vous rendre sur translatorstraining.com, le site que j’ai bâti pour fournir une introduction juste et équitable de tous les outils disponibles actuellement. Vous pouvez y voir une vidéo sur la manière dont Trados traite un fichier, et comment Across, SDLX ou tout autre TEnT s’y prend pour effectuer la même opération. Si vous ne savez pas quel programme acquérir après toutes ces vidéos, je ne sais pas trop quoi d’autre vous dire…
Au bout du compte, j’espère que le temps de l’apprentissage sera limité et que vous aurez l’occasion de perfectionner vos nouvelles compétences sur les documents de vos clients, quand le travail reprendra.