Je ne suis pas une pédante. Comment pourrais-je l’être ? Mes connaissances grammaticales sont loin d’être infaillibles. Je reconnais que les gens ont des vues divergentes sur les règles à suivre et que nombreux sont ceux qui jugent acceptable de les contourner au profit d’une communication efficace. Ainsi, c’est à peine si je bronche lorsque je vois le panneau « 10 items or less » dans mon supermarché. Le frisson de dégoût qui me parcourt à la vue d’une apostrophe mal placée est invisible à l’œil humain. Vous ne m’entendrez jamais corriger une personne qui a utilisé « their » au lieu de « there » (mais ma désapprobation n’en sera pas moindre).
Cependant, il y a une faute grammaticale qui m’insupporte : l’emploi abusif des pronoms réfléchis par une importante portion de la population anglophone. J’ai récemment reçu un email se concluant par « I will send it to yourselves ». J’ai dû me retenir pour ne pas répondre par « Yourself is very kind. »
La règle d’utilisation des pronoms réfléchis est simple : ils renvoient au sujet de la phrase. C’est pour cela que « I will send it to yourselves » est incorrect : le sujet (I) et l’objet (you) sont différents. En revanche, « I will send it myself » aurait été juste : là, le sujet est renforcé par l’utilisation du bon pronom réfléchi.
Dernièrement, je discutais avec un de mes cotravailleurs, un expert de l’optimisation pour les moteurs de recherche qui se trouve être merveilleusement pointilleux, des raisons à cela. Pour nous, la meilleure explication est que « you », en particulier, peut sembler un peu abrupt dans un échange professionnel, et que les lettres supplémentaires servent à adoucir son impact et à lui donner un ton plus poli et révérencieux.
Malheureusement, tant de gens l’utilisent qu’on n’est pas près de le voir disparaître.