Le premier ministre britannique Gordon Brown est au centre d’une controverse depuis qu’il a qualifié de « bigot » une retraitée qui venait de remettre en cause sa politique d’immigration. Le chef du parti travailliste a choisi un mot très intéressant :

1590, du Fr. « bigot » (12c.), ou « faux dévot », en ancien français. C’est censé être une insulte adressée aux Normands. Une vieille théorie (qui n’est pas acceptée de tous) veut qu’elle vienne de leur usage fréquent du juron de l’ancien anglais bi God. C’est plausible lorsqu’on considère que les Anglais étaient surnommés « goddamns » dans la France de Jeanne d’Arc et que les Américains servant en France pendant la Deuxième Guerre mondiale étaient affublés du sobriquet « sommobiches » (corruption de son of a bitch). L’utilisation la plus ancienne de ce mot en français (12e siècle) fait référence au peuple de la Gaule du Sud (la proximité phonétique a mené à la théorie douteuse que ce mot est dérivé de « Visigoth »). L’espagnol bigote (moustache) est une autre source possible, mais l’explication de son sens laisse à désirer. En anglais, sa définition la plus ancienne est « bien-pensant hypocrite », désignant notamment les femmes, peut-être sous l’influence de Beguine. Le sens s’est élargi dans les années 1680 aux opinions autres que religieuses.

Etymonline

Ce terme désignait donc à l’origine un Tartuffe, mais il désigne dorénavant tout partisan ou croyant fanatique ; une personne caractérisée par l’obstination, l’intolérance ou les convictions partisanes (Oxford English Dictionary). La traduction française pourrait être « sectaire ».
Espérons que les chefs des trois principaux partis politiques pourront clarifier ce qu’il en est vraiment de l’immigration au Royaume-Uni pendant le débat de ce soir.