Marjorelle gardenMes vacances en Espagne et au Maroc étaient prometteuses sur le plan linguistique. J’avais hâte de pratiquer mon espagnol : en dépit de résolutions extrêmement résolues en début d’année, je n’avais pas eu le temps de le travailler. En plus de cela, j’allais passer une semaine dans un pays où le français, l’arabe et le berbère étaient quotidiennement utilisés.
Tout a mal commencé dans le taxi que nous avons pris à l’aéroport. Je voulais dire au chauffeur « Il y a beaucoup d’eau partout ; il a dû beaucoup pleuvoir », mais suite à un emmêlement de pinceau terrible entre llover et llorar, j’ai fini par lui dire « Il y a beaucoup d’eau partout ; vous avez dû beaucoup pleurer. » Tant pis. Je ne me suis pas laissée abattre et j’ai adoré pratiquer ma troisième langue et écorcher de nombreuses oreilles. Je me suis fait servir de la chèvre alors que je croyais avoir commandé de l’agneau, et alors ? Je me suis régalée.
Berber girlPuis nous avons traversé le Détroit de Gibraltar pour nous retrouver au Maroc. Dépaysement complet à l’exception de l’environnement linguistique. Les Marocains que nous avons rencontrés à Tanger, à Fes, à Rabat et à Marrakech semblaient jongler sans la moindre difficulté avec l’arabe, le français, l’espagnol et l’anglais. J’ai adoré repérer tant de mots arabes qui ont été assimilés par le français et l’anglais, parfois directement, parfois par l’intermédiaire de l’espagnol, l’Espagne ayant été sous domination musulmane de 711 à la fin du 16e siècle. Parmi les mots familiers que j’ai rencontrés : baraka (avoir la baraka), souk, bien entendu (mettre le souk) et bien d’autres. Wikipedia donne des listes complètes de mots anglais et de mots français d’origine arabe.
Marrakech
Place Jamaa al Fna, Marrakech