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Il faisait référence au passage suivant :

Gluteus maximus weakness causes poor biomechanics and can contribute to knee injuries. In other words: If your ass is weak, you’ll pay with your knees.

Une traduction littérale d’ass, qui aurait pu être « cul », par exemple, ne me plaisait pas du tout. Je précise que ce n’est pas parce que je trouve ce mot choquant, mais parce qu’il est légèrement plus vulgaire qu’ass, qui, selon moi, se situe sur la limite entre le familier et le grossier, ce qui ne convenait pas dans le contexte du magazine dans son ensemble. Cela fait quatre ans que je travaille sur de tels articles, et une traduction littérale me paraissait déplacée ; parfois, une traductrice doit se fier à son instinct. J’ai donc rejeté « cul », mais je tenais à converser le ton « bavardage entre potes dans les vestiaires » qu’ass véhiculait avec tant d’efficacité.
Heureusement, il existe un procédé de traduction appelé « compensation ». Il permet à la traductrice acculée de transférer une difficulté stylistique dans une autre section du texte. J’ai donc élevé le registre de langue et j’ai étoffé ma traduction d’ass (« muscles du postérieur »). Cette traduction est beaucoup plus technique, ce qui ne pose pas de problème, car l’article s’adresse à des fous de fitness et contient des informations très détaillées. En revanche, elle perd toute sa saveur argotique, que je tenais à conserver. J’ai donc choisi de la transférer en fin de phrase. J’ai traduit you’ll pay with your kness par « ce sont vos genoux qui trinquent », espérant ainsi conserver le ton familier et badin de l’original. Voici donc ma traduction :

Une faiblesse au niveau du grand fessier peut causer des problèmes biomécaniques et contribuer aux blessures du genou. Autrement dit, quand les muscles du postérieur sont faibles, ce sont les genoux qui trinquent.