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Le devis est l’une des toutes premières étapes d’un projet de traduction et avec un nouveau contact, il peut marquer le début d’une collaboration à long terme : c’est donc un élément crucial.
Il est essentiel d’envoyer un devis sans ambiguïtés. Un document donnant dans le détail toutes les informations relatives à un projet garantit que toutes les parties savent exactement en quoi consiste le travail et quels sont les différents rôles et responsabilités : le traducteur accepte de livrer un tant de mots à une date donnée et la cliente accepte de payer le tarif indiqué. Pour déterminer ce tarif, j’analyse le document afin d’évaluer sa difficulté, le temps qu’il me faudra pour le traduire et la manière dont il peut s’intégrer à mon planning. Plus le document est complexe, plus il me faudra de temps pour produire la traduction et plus le tarif au mot sera élevé. Cette calculatrice de tarifs est très utile et ce wiki des membres de proz contient également des informations intéressantes à cet égard.
Quand je prépare un devis, je ne prends jamais en compte la concurrence. J’ai décidé il y a bien longtemps de rester une observatrice neutre de la guerre des tarifs pour une raison très simple : je n’ai pas le choix. Il y aura toujours des traducteurs en mesure de proposer des tarifs largement inférieurs aux miens et c’est pour cela que j’ai choisi de me distinguer par la qualité de mon travail, ma fiabilité et mon efficacité. Jusqu’à présent, cette stratégie a porté ses fruits, mais récemment, plusieurs de mes devis ont été rejetés. L’un pour cause de tarif trop élevé, un autre parce qu’une collègue avait plus d’expérience que moi, un autre contact a décidé de confier son projet à une agence de traduction au lieu de plusieurs traducteurs freelance et un quatrième devis a été rejeté sans explication. J’ai demandé à mon dernier contact de me donner un retour après sa réponse négative. Elle m’a dit qu’elle aimait mon approche personnalisée et mon site Internet, qu’elle a trouvé chaleureux et instructif quant à ma démarche, mais que son budget était trop serré.
J’ai le sentiment que si je lui avais passé un coup de fil pour lui parler de son projet, elle aurait peut-être décidé autrement. Son projet n’avait rien de compliqué et ne nécessitait pas forcément de discussion préalable, mais il était évident qu’elle appréciait de se sentir mise en confiance et un contact direct aurait peut-être suffi à la convaincre. Je pense avoir commis une autre erreur : je ne lui ai pas dit à quel point je trouvais son projet intéressant et que j’avais hâte de m’y attaquer. La traduction devait s’appuyer sur une bonne dose de créativité, ce que j’aime particulièrement, et j’aurais dû préciser que des contacts réguliers seraient nécessaires pour obtenir le ton adéquat.
Je fais toujours tout en mon pouvoir pour simplifier au maximum la vie de mes clients : nous sommes tous très occupés et moins j’accapare leur temps, plus ils peuvent se consacrer à d’autres tâches et je pense qu’ils m’en savent gré. En revanche, dans certains cas, et notamment celui-là, la réactivité et l’efficacité auraient dû laisser la place à une forme de communication plus personnelle : en envoyant un email avec mon devis sans prendre le temps de parler à ma cliente potentielle, j’ai sans doute perdu la « touche personnelle » qu’elle a aimée sur mon site Internet. Dans la traduction freelance, il faut prêter une oreille attentive à ses clients et adapter ses méthodes en fonction des différentes situations.
Photo de StartTheDay