coffee
Le café de ma mère a toujours eu des relents de danger. Quand je suis chez mes parents, je sais que l’heure du café est imminente quand je me mets à suer et que mon cœur s’emballe sans la moindre raison apparente. J’ai plusieurs fois dit à ma mère qu’il est tellement fort qu’il pourrait bien un jour m’achever, mais elle a toujours répondu par un incrédule « Mais tu plaisantes ? C’est du jus de chaussette ! »
Je pense que ma mère est de cette opinion parce qu’elle le compare à celui de sa sœur aînée, à qui je dois plusieurs voyages astraux, et cette expression m’est si familière que je ne me suis jamais posé la question de son origine, jusqu’à ce que doive traduire un texte sur les effets de la caféine sur les performances. Au cours de mes recherches, j’ai trouvé cette jolie petite explication :

Il faut remonter à la guerre de 1870 pour en retrouver la trace. Les soldats ne disposaient pas de moyens pour filtrer le café. Ils ont donc fait appel au système D :
« Le café en grain était versé dans une grande écuelle ou bassine en fer, les soldats l’écrasaient avec la crosse du fusil. Ils faisaient bouillir de l’eau dans une marmite, jetaient le café écrasé, arrêtaient la cuisson et, pour le boire, le filtraient dans une chaussette. »

C’est ainsi que j’ai appris que « jus de chaussette » est en fait plutôt synonyme de mauvais café. Peu importe : chez mes parents, une machine à espresso produit désormais sans faillir des tasses de café absolument parfaites.
Le jus de chaussette me manque.
Source
Photo de café filtre de Rog01