TartuffeMercredi dernier, je me suis réveillée avec un torticolis (wry neck en anglais). Ce mot a été pour la première fois utilisé en français au 16e siècle par Rabelais dans son roman Pantagruel sous la forme tortycolly. Il vient de l’italien torti colli, pluriel de torto collo (du latin tortus « tordu » et collum « neck »), mot qui renvoie à un faux dévot, qui adopte cette posture ostentatoire pour marquer sa dévotion, comme le montre l’illustration sur la gauche ; il s’agit du Tartuffe de Molière, qui est peut-être le faux dévot le plus célèbre de la littérature française.
Et puis à l’occasion d’une soirée entre amis samedi, j’ai essayé de soutirer une consultation gratuite à une médecin (« C’est rien du tout, arrête de te plaindre », fut son diagnostic ; j’ai déjà évoqué la difficulté que nous autres Français et Françaises sensibles pouvons éprouver face à l’approche britannique de la santé, selon laquelle aucun soin n’est nécessaire tant qu’on n’est pas à l’agonie), et elle m’a appris que torticollis est aussi utilisé en anglais, mais surtout par les professionnels de la santé.