Traducteurs freelance et devis

13 juillet 2010

anarky
Le devis est l’une des toutes premières étapes d’un projet de traduction et avec un nouveau contact, il peut marquer le début d’une collaboration à long terme : c’est donc un élément crucial.

Il est essentiel d’envoyer un devis sans ambiguïtés. Un document donnant dans le détail toutes les informations relatives à un projet garantit que toutes les parties savent exactement en quoi consiste le travail et quels sont les différents rôles et responsabilités : le traducteur accepte de livrer un tant de mots à une date donnée et la cliente accepte de payer le tarif indiqué. Pour déterminer ce tarif, j’analyse le document afin d’évaluer sa difficulté, le temps qu’il me faudra pour le traduire et la manière dont il peut s’intégrer à mon planning. Plus le document est complexe, plus il me faudra de temps pour produire la traduction et plus le tarif au mot sera élevé. Cette calculatrice de tarifs est très utile et ce wiki des membres de proz contient également des informations intéressantes à cet égard.

Quand je prépare un devis, je ne prends jamais en compte la concurrence. J’ai décidé il y a bien longtemps de rester une observatrice neutre de la guerre des tarifs pour une raison très simple : je n’ai pas le choix. Il y aura toujours des traducteurs en mesure de proposer des tarifs largement inférieurs aux miens et c’est pour cela que j’ai choisi de me distinguer par la qualité de mon travail, ma fiabilité et mon efficacité. Jusqu’à présent, cette stratégie a porté ses fruits, mais récemment, plusieurs de mes devis ont été rejetés. L’un pour cause de tarif trop élevé, un autre parce qu’une collègue avait plus d’expérience que moi, un autre contact a décidé de confier son projet à une agence de traduction au lieu de plusieurs traducteurs freelance et un quatrième devis a été rejeté sans explication. J’ai demandé à mon dernier contact de me donner un retour après sa réponse négative. Elle m’a dit qu’elle aimait mon approche personnalisée et mon site Internet, qu’elle a trouvé chaleureux et instructif quant à ma démarche, mais que son budget était trop serré.

J’ai le sentiment que si je lui avais passé un coup de fil pour lui parler de son projet, elle aurait peut-être décidé autrement. Son projet n’avait rien de compliqué et ne nécessitait pas forcément de discussion préalable, mais il était évident qu’elle appréciait de se sentir mise en confiance et un contact direct aurait peut-être suffi à la convaincre. Je pense avoir commis une autre erreur : je ne lui ai pas dit à quel point je trouvais son projet intéressant et que j’avais hâte de m’y attaquer. La traduction devait s’appuyer sur une bonne dose de créativité, ce que j’aime particulièrement, et j’aurais dû préciser que des contacts réguliers seraient nécessaires pour obtenir le ton adéquat.

Je fais toujours tout en mon pouvoir pour simplifier au maximum la vie de mes clients : nous sommes tous très occupés et moins j'accapare leur temps, plus ils peuvent se consacrer à d’autres tâches et je pense qu’ils m’en savent gré. En revanche, dans certains cas, et notamment celui-là, la réactivité et l’efficacité auraient dû laisser la place à une forme de communication plus personnelle : en envoyant un email avec mon devis sans prendre le temps de parler à ma cliente potentielle, j’ai sans doute perdu la « touche personnelle » qu’elle a aimée sur mon site Internet. Dans la traduction freelance, il faut prêter une oreille attentive à ses clients et adapter ses méthodes en fonction des différentes situations.

Photo de StartTheDay

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Bagsy

1 juillet 2010

summer pudding« Tu veux finir le pudding aux fruits rouges, Céline ? » Me demanda ma belle-mère.
« Non, merci, » répondis-je. « However, I think I will bagsy it for tomorrow. » (Par contre, je me le réserve pour demain).
Tollé général autour de la table. Quelle impudence ! Bagsy un dessert pour le lendemain, ça ne se fait pas ! Les Anglais étaient unis dans leur condamnation absolue et totale.

J'ai toujours beaucoup apprécié ce concept utile et mis en pratique à l'aide du verbe anglais bagsy. Il existe bien un équivalent français, « preums », (prem’s ou preumz, etc.), mais il s'agit d'une interjection : loin d'être aussi flexible qu'un verbe, elle ne peut s'utiliser que dans le moment présent. Imaginez alors ma déception quand mon astucieuse manœuvre pour m'attribuer la dernière part de dessert fut jugée illégale.

On devine facilement l'origine du mot français (« premier ») et l'Oxford English Dictionary nous apprend que bagsy vient de bags I (je mets dans mon sac), dont l'utilisation remonte à 1866.

Word detective nous dit aussi que

Une enfant du sud de l'Angleterre [...] pourrait s'exclamer Bags it ou Baggsy : ce code enfantin sacré lui garantit l'obtention de l'objet de son désir. Son homologue londonienne dira Squits, et plus au nord, une autre dira Foggy, Furry ou Firsy. Parmi les autres mots qui marchent également, on compte Barley, Bollars, Jigs et, en Écosse, Chaps ou Chucks. Nos amis américains préfèrent dibs.

Photo du pudding aux fruits rouges de moleitau.

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Auteur : céline ; Date : 1 juillet 2010 | Commentaires (0)
Mots

Be-all and end-all

25 juin 2010

bee
C'est en traduisant un document que je suis tombée sur l'expression be-all and end-all. J'ai choisi de la traduire en français par « panacée » et je savais qu'elle prenait ses origines dans une pièce de Shakespeare, mais pas moyen de me rappeler laquelle. Une courte recherche m'a permis de déterminer qu'il s'agissait de Macbeth.

Macbeth says: If it were done when 'tis done, then 'twere well it were done quickly: if the assassination could trammel up the consequence, and catch, with his surcease, success; that but this blow might be the be-all and end-all here.

J'ai continué mes recherches et j'ai trouvé une explication qui m'a surprise :

Après des années d'utilisation, l'expression the be-all and [the] end-all a été raccourcie pour devenir the Bs and Es. [...] Au fil du temps, sa prononciation s'est transformée (lisez-la rapidement et vous comprendrez) pour se rapprocher de the bee’s knees. Future Perfect

Vraiment ? Ce n'est pas l'explication que j'ai trouvée quand j'ai recherché l'origine de l'expression the bee's knees il y a quelques années. Je me suis tournée vers une source faisant autorité :

L'origine de cette expression est souvent attribuée à la manière italiano-américaine de prononcer le mot business ou à Bs and Es, version abrégée de be-alls and end-alls. Ces deux explications sont sans aucun doute erronées. Bee's knees est l'une de ces expressions sans queue ni tête issues de l'Amérique des années 20, ère des garçonnes, des bars clandestins, des boas en plumes et du Charleston. World Wide Words

Certains mots sont tellement curieux qu'ils attisent la créativité des gens, ce qui se traduit par l'apparition d'origines aussi amusantes que farfelues. Un ami m'a affirmé ce week-end que le mot loo (toilettes) vient de « regardez l'eau », que les domestiques criaient avant de verser le contenu des pots de chambre par la fenêtre pour prévenir les passants. J'ai exprimé quelques doutes à ce sujet et je me suis promis de voir qui avait raison. Naturellement, il existe plusieurs explications possibles de l'origine de loo :

Plusieurs théories existent quant à l'origine de ce terme courant pour désigner le petit coin. La première, et la plus populaire, veut qu'il soit dérivé du cri gardyloo (issu du français « regardez l'eau ») poussé par les domestiques du Moyen Âge alors qu'ils vidaient les pots de chambre dans la rue par la fenêtre du premier. Du point de vue de l'histoire, cela pose problème, car au moment où le mot loo a fait son apparition par écrit, l'expression gardyloo avait depuis longtemps disparu. Une autre théorie veut que ce mot soit dérivé du terme français « lieu », euphémisme châtié désignant les toilettes. Malheureusement, aucune preuve documentaire ne corrobore cette idée. Une troisième théorie, qui emporte l'adhésion d'un grand nombre, fait référence à la marque commerciale Waterloo, qui ornait les réservoirs de chasse d'eau en acier de nombreuses toilettes extérieures dans la Grande-Bretagne du début du 20e siècle. Il s'agit d'une explication plus crédible du point de vue de la chronologie, mais malheureusement, les preuves sont tout aussi rares. D'autres théories rocambolesques circulent également, avec référence aux portes portant le numéro « 00 » et aux personnes appelées « Looe ». Ask Oxford

Conclusion : l'étymologie populaire est amusante, mais si vous vous intéressez à l'origine réelle des mots, mieux vaut vous préparer à mener de longues recherches et à subir de nombreuses déceptions.

Photo d'abeille par anna316

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Le syndrome nimby et ses acronymes

17 juin 2010

SpittelauJ’ai passé la semaine dernière à Brighton à faire l’interprète pendant une formation sur la gestion des déchets. L’interprète doit sans arrêt faire des choix instantanés de manière à aider les différents participants à communiquer de manière efficace, et quand a été abordée la question du « nimbyism » (de l’acronyme NIMBY, Not In My Backyard, qui décrit l’opposition de résidents à un projet modifiant leur cadre de vie), j’ai choisi de paraphraser au lieu d’utiliser l’acronyme anglais. Comment ont réagi les Français ? « Ah oui, on a un terme pour ça en français : le syndrome nimby ». Ce n’est pas la première fois qu'une telle chose m’arrive...

Rarement bienvenus, les équipements de gestion des déchets stimulent l’imagination des personnes qui refusent de les accepter près de chez elles : essayez de voir si vous arrivez à deviner la signification de ces acronymes, tous liés au syndrome nimby.

NIMBY - Not In My Backyard (pas dans ma cour ou pas dans mon jardin)
NIMSBY - Not In My Second Backyard (pas dans ma deuxième cour)
NOTE - Not Over There Either OU Not On This Earth (pas là-bas non plus OU pas sur cette Terre - bravo Sibylle !)
ABH - Anywhere But Here (n'importe où mais pas ici - bravo Jenny !)
LULU - Locally Unwanted/Undesirable Land Use (occupation des sols indésirable - bravo Sibylle !)
NOOS - Not On Our Street (pas dans notre rue - bravo jean-paul !)
NIOBE - Not In Our Beautiful Environment (pas dans notre magnifique cadre de vie)
NOPE - Not On Planet Earth (pas sur la planète Terre - bravo jean-paul !)
NIABY - Not In Anyone's Backyard (Pas dans la cour de qui que ce soit - bravo Nathalie !)
BANANA - Build Absolutely Nothing Anywhere Near Anything (non aux constructions, quelles qu'elles soient, où qu'elles soient - bravo Sibylle! )
NIMEY - Not in my election year (Pas dans l'année de mon élection - bravo Nathalie !)
NIMFOS - Not In My Field Of Sight (pas dans mon champ de vision - bravo jean-paul !)
NIMTOO - Not in My Term of Office (pas pendant mon mandat - bravo Sibylle !)
PITBY - Put It in Their Back Yard (mettez-le dans leur jardin - bravo jean-paul !)
CALF - Citizens Against Landfill (citoyens contre les décharges - bravo Abigail !)
PEST - Prevent Environmental Suicide Today (empêcher aujourd'hui le suicide environnemental - bravo Abigail !)

Photo de l'incinérateur de Spittelau (Vienne) par josylein

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Auteur : céline ; Date : 17 juin 2010 | Commentaires (8)
Interprétariat

Les maux des mots

12 mai 2010

anarkyLe webinaire que j’ai donné hier avec James sur le thème des sites Web pour traducteurs s’est très bien passé, mais pendant le dialogue avec les participants qui a suivi, j’ai mal interprété une question et j’ai fini par dire une grosse bêtise.
La question était de savoir s’il est conseillé de rédiger son site Web dans sa langue source, même si l’on n’est pas certain de pouvoir produire un texte impeccable. Comme j'étais en train de tripatouiller mon casque, je n'ai pas bien entendu la question et j'ai pensé qu'elle portait sur les emails avec les clients. J’ai dit que la plupart des gens comprennent que les erreurs sont inévitables quand on s’exprime par écrit dans sa deuxième langue et que l’important, c’est d’être honnête avec le client et de garantir que le message passe bien.

La situation est complètement différente pour un site Internet. Comme nous l’avons expliqué au cours du webinaire, le site d’une traductrice est sa vitrine : il doit être attrayant et donner au visiteur l’envie d’en savoir plus. Il offre la possibilité d’établir un lien avec les clients potentiels et de prouver ses capacités et compétences : en tant que « poste avancé » d’une professionnelle de la traduction, il est donc impensable qu’il contienne des erreurs de langue. L’image donnée par des erreurs linguistiques, même dans un texte rédigé dans sa deuxième langue, serait celle d’une personne manquant de rigueur et d’intégrité : c’est pour cela que la version anglaise de mon site a été passée au crible par une anglophone. Cela vaut pour la majorité de mes billets ; pas les plus courts, qui se prêtent à des phrases simples ne posant aucun problème, mais certainement les plus longs, qui peuvent contenir des analyses un peu plus approfondies et décrire des concepts plus complexes. Les coquilles sont pratiquement inévitables, mais si je veux être prise au sérieux dans mon rôle de professionnelle de la traduction, je dois absolument accorder au langage le respect qui lui est dû.

Photo de mpclemens / CC BY 2.0
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Bigot

29 avril 2010

Le premier ministre britannique Gordon Brown est au centre d'une controverse depuis qu'il a qualifié de « bigot » une retraitée qui venait de remettre en cause sa politique d'immigration. Le chef du parti travailliste a choisi un mot très intéressant :

1590, du Fr. « bigot » (12c.), ou « faux dévot », en ancien français. C'est censé être une insulte adressée aux Normands. Une vieille théorie (qui n'est pas acceptée de tous) veut qu'elle vienne de leur usage fréquent du juron de l'ancien anglais bi God. C'est plausible lorsqu'on considère que les Anglais étaient surnommés « goddamns » dans la France de Jeanne d'Arc et que les Américains servant en France pendant la Deuxième Guerre mondiale étaient affublés du sobriquet « sommobiches » (corruption de son of a bitch). L'utilisation la plus ancienne de ce mot en français (12e siècle) fait référence au peuple de la Gaule du Sud (la proximité phonétique a mené à la théorie douteuse que ce mot est dérivé de « Visigoth »). L'espagnol bigote (moustache) est une autre source possible, mais l'explication de son sens laisse à désirer. En anglais, sa définition la plus ancienne est « bien-pensant hypocrite », désignant notamment les femmes, peut-être sous l'influence de Beguine. Le sens s'est élargi dans les années 1680 aux opinions autres que religieuses.
Etymonline

Ce terme désignait donc à l'origine un Tartuffe, mais il désigne dorénavant tout partisan ou croyant fanatique ; une personne caractérisée par l'obstination, l'intolérance ou les convictions partisanes (Oxford English Dictionary). La traduction française pourrait être « sectaire ».

Espérons que les chefs des trois principaux partis politiques pourront clarifier ce qu'il en est vraiment de l'immigration au Royaume-Uni pendant le débat de ce soir.

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Auteur : céline ; Date : 29 avril 2010 | Commentaires (5)
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Cotravail et hotdesking
26 avril 2010