Indépendants : devriez-vous vous protéger contre la perte de revenus ?

16 janvier 2014

coffeeÊtre à son compte, c’est parfois compliqué. On doit tout faire : organiser son temps de travail, faire sa comptabilité, régler les problèmes techniques, mais pour moi, le plus difficile, c’est de me protéger contre les aléas de la vie en l’absence de prestations sociales pouvant inclure la couverture maladie.

Quand j’ai commencé il y a 14 ans, j’ai vite compris que je devais me protéger en cas d’accident m’empêchant de travailler et donc de subvenir à mes besoins. Non pas que je sois pessimiste de nature, mais certains de mes passe-temps, dont le foot, me font courir un risque réel de blessure m’obligeant à arrêter de travailler pendant une période pouvant être assez longue. En plus, il m’arrive souvent de rater une marche en montant les escaliers (rarement en descendant ; ne me demandez pas pourquoi). J’ai donc rapidement souscrit une assurance revenu garanti : si je suis contrainte d’arrêter de travailler pendant plusieurs semaines, je reçois une somme mensuelle jusqu’à ce que je puisse reprendre le collier. En fin de compte, quelques éraflures au front après avoir stoppé avec le visage un tir particulièrement fulgurant sont la pire chose qui me soit arrivée depuis, mais j’apprécie la tranquillité d’esprit qui va avec la certitude que je pourrai continuer à m’offrir du fromage de qualité si je me fais un croche-pied et me casse le poignet.

Puis j’ai passé le cap des 40 ans en fin d’année dernière. Je me suis dit qu’il était temps de revoir ma situation financière, et j’ai réalisé que les mesures prises il y a 14 ans n’étaient plus suffisantes. Pour simplifier, je ne voulais pas que ma compagne perde notre appartement s’il m’arrivait de tomber malade et/ou de mourir plus tôt que prévu. J’ai donc demandé à une amie, qui est conseillère financière et travaille aussi dans mon bureau, de m’expliquer quelles étaient mes options. J’étais partie sur une assurance vie, mais elle m’a gentiment appris que j’ai beaucoup plus de chance de contracter une horrible maladie que de mourir subitement. J’ai donc souscrit une assurance maladie grave et vie, qui me paiera une somme exempte d’impôts et de finir mes jours dans des restaurants étoilés et sur des parcours de golf ensoleillés me focaliser sur ma santé, et dans le pire des cas, ma compagne recevra le reste de la somme assurée à ma mort. Elle a eu la gentillesse de m’informer qu’elle a l’intention de s’en servir pour faire une croisière autour du monde.

Bien entendu, ce choix n’engage que moi : tout dépend des circonstances personnelles, et je ne connais pas du tout les prestations offertes aux indépendants hors du Royaume-Uni. Quoi qu’il en soit, c’est à mon avis une question à laquelle tous les indépendants devraient réfléchir.

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Jus de chaussette

17 décembre 2013

coffee
Le café de ma mère a toujours eu des relents de danger. Quand je suis chez mes parents, je sais que l’heure du café est imminente quand je me mets à suer et que mon cœur s’emballe sans la moindre raison apparente. J’ai plusieurs fois dit à ma mère qu’il est tellement fort qu’il pourrait bien un jour m’achever, mais elle a toujours répondu par un incrédule « Mais tu plaisantes ? C’est du jus de chaussette ! »

Je pense que ma mère est de cette opinion parce qu’elle le compare à celui de sa sœur aînée, à qui je dois plusieurs voyages astraux, et cette expression m’est si familière que je ne me suis jamais posé la question de son origine, jusqu’à ce que doive traduire un texte sur les effets de la caféine sur les performances. Au cours de mes recherches, j’ai trouvé cette jolie petite explication :

Il faut remonter à la guerre de 1870 pour en retrouver la trace. Les soldats ne disposaient pas de moyens pour filtrer le café. Ils ont donc fait appel au système D : « Le café en grain était versé dans une grande écuelle ou bassine en fer, les soldats l’écrasaient avec la crosse du fusil. Ils faisaient bouillir de l’eau dans une marmite, jetaient le café écrasé, arrêtaient la cuisson et, pour le boire, le filtraient dans une chaussette. »

C'est ainsi que j'ai appris que « jus de chaussette » est en fait plutôt synonyme de mauvais café. Peu importe : chez mes parents, une machine à espresso produit désormais sans faillir des tasses de café absolument parfaites.

Le jus de chaussette me manque.

Source

Photo de café filtre de Rog01

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Laïque

5 octobre 2013

timetable

Je passe le week-end avec ma famille dans la région de Bordeaux, et j’ai remarqué cette inscription sur le mur de l’école du village voisin. J’aime beaucoup sa typographie, sa couleur, et le fait qu’elle précise que l’école est laïque. Je me suis demandé comment traduire en anglais ce mot très français ; le premier qui m’est venu à l’esprit est secular (séculier), mais je savais que ce n’était pas exactement ça. C’est ainsi qu’une fois rentrée chez mes parents (et après avoir mangé ma chocolatine de 11 h), je me suis mise au travail.

Laïque (adj.)
Issu du latin laicus « commun, du peuple (laos) », terme ecclésiastique repris au grec d'église laikos, « commun, du peuple (laos) », par opposition à klerikos (clerc), désignant les institutions proprement religieuses. En passant, le mot anglais lay (sans éducation, non-clerc) a la même origine.

La laïcité est donc un système légal ou institutionnel fondé sur la séparation des églises et de l’État, qui concerne la place et le rôle de la religion dans le champ institutionnel et la société civile. En France, ce système a été mis en place par la loi de 1905, qui prévoit que l’État ne reconnaît, ne rémunère et ne subventionne aucune religion et garantit à tous une liberté de conscience complète.

Le champ d’action de la sécularisation est plus vaste : elle vise à remplacer la loi religieuse par la loi civile, mais elle concerne aussi la sphère privée, pas seulement la sphère publique, son objectif étant l’émancipation des consciences et de la société humaine vis-à-vis du pouvoir religieux.

D’où le problème de la traduction d’« école laïque » : ce concept renvoyant à un système institutionnel bien précis qui prend ses sources dans l’histoire française, une note de bas de page serait bienvenue pour en préciser la signification. Si je devais fournir une traduction au pied levé, pendant une mission d’interprétariat, par exemple, je dirais sans doute non-denominational state school. Et vous, qu’en pensez-vous ?

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Auteur : céline ; Date : 5 octobre 2013 | Commentaires (8)
Culture, Mots

Revenant

11 juin 2013

timetablePour commencer, je recommande à tous mes copains et copines britanniques de ne surtout pas rater cette nouvelle série sur Channel 4. Le premier épisode était vraiment excellent, avec une bande-son fantastique de mogwai.

Revenons à nos moutons : le titre « Les revenants » a été traduit par The returned, mais dans ce contexte, « revenant » ne désigne pas simplement des personnes faisant leur retour. Ce terme a d’ailleurs été emprunté en anglais pour renvoyer à une personne décédée faisant son retour dans sa communauté, avec la même apparence que le jour de sa mort, ce qui est le point de départ de la série. Alors pourquoi ne pas intituler la série The revenants ? Peut-être parce que c’est un terme relativement peu usité en anglais ?

Tant que j’y suis, tout le monde parle de « la série de zombies française », mais bien que ce soient tous des morts-vivants, les revenants n'ont rien à voir avec les zombies, qui ont une démarche bien à eux, sont très amochés et ne pensent qu'à dévorer de la chair humaine, alors que les revenants ont normalement un but bien précis. Ce ne sont pas non plus des fantômes, comme le suggère la traduction anglaise donnée par les Oxford dictionaries:

revenant

Faisons donc la synthèse. Voici un revenant:

victor

Voici un fantôme :

victor

Et voici un zombie :

zombie

Vous conviendrez avec moi que les revenants sont autrement plus terrifiants que les fantômes ou les zombies.

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Auteur : céline ; Date : 11 juin 2013 | Commentaires (3)
Mots

That et which

3 juin 2013

timetableQuand j’ai lu ce tweet ce matin, je savais que « which » était le mauvais pronom relatif et devait être remplacé par « that ». Cependant, mes années d’étude de la grammaire anglaise, à coup de deux heures par semaine, ne sont qu’un lointain souvenir, et j’étais incapable de me rappeler les règles grammaticales régissant l’utilisation de which et de that. Étant un peu trop férue de grammaire, j’ai eu envie de me rafraîchir la mémoire.

En fait, c’est une question de clauses restrictives et non restrictives, bien entendu ! Les causes relatives restrictives contiennent des informations essentielles, sans lesquelles la phrase perd son sens, et peuvent commencer par that, which, whose, who ou whom.
Exemple : We have got to clean the stinking swamp that is the House of Lords.

En revanche, les clauses relatives non restrictives donnent des informations sans lesquelles la phrase fonctionnerait tout de même. Elles peuvent commencer par which, whose, who ou whom, mais pas par that, et doivent être séparées de la clause principale à l'aide d'une virgule.
Exemple : We have got to clean out the stinking swamp that is the House of Lords, which is only marginally more repulsive than the House of Commons.

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Auteur : céline ; Date : 3 juin 2013
Le coin technique

Mon nouveau nouveau bureau

15 mai 2013

timetableIl se passe plein de choses dans mon nouveau nouveau bureau. On peut y suivre toutes sortes de cours sur la comptabilité, le français, les maths, la littérature grecque, la mécanique et, bien entendu, comme nous sommes à Brighton, on y pratique même le yoga, le reiki, etc. « Nouveau nouveau office ? » vous entends-je dire. Eh bien oui. J’ai à nouveau déménagé. En effet, quand on cherche un endroit où installer son ordi et sa tasse préférée, il est essentiel de prendre son temps et de bien réfléchir à ses attentes et besoins afin de prendre la bonne décision. Comme d’habitude, j’ai oublié cette importante étape. Je suis allée voir un bureau que j’ai tout de suite adoré. Il était moderne, sympa et en plein cœur de mon quartier préféré, le courant est passé avec ses occupants, et boum : je me suis enthousiasmée et, égale à moi-même, j’ai pris une décision hâtive et j’ai dit oui.

J’ai duré quatre semaines. En effet, j’avais oublié un petit détail : cet espace était occupé par deux entreprises différentes, dont les employés étaient constamment au téléphone ou en réunions, ce qui pose un léger problème pour une traductrice qui doit se concentrer pendant la majorité de la journée pour pondre de jolies traductions.

Heureusement, au même moment, quatre amis à moi cherchaient aussi un bureau, et ils ont trouvé Brighton Junction, qui m’a tout de suite plu (aïe), et s’est révélé être parfait en tous points (ouf). Le bâtiment compte un espace de cotravail de 40 places environ, d’autres bureaux au premier, et le friends’ centre, une organisation de formation pour adultes. C’est donc un endroit animé et vivant où se retrouvent toutes sortes de personnes pour améliorer leurs connaissances sur une gamme impressionnante de sujets, et l’oasis de calme qu’est notre bureau partagé compte un groupe varié de freelances qui émettent un doux et studieux ronronnement collectif.

La morale de l’histoire (que j’essaierai de ne pas ignorer la prochaine fois que je me retrouverai dans une situation comparable) est la suivante : quand on cherche un bureau, il est important de réfléchir à ce qu’il doit nous apporter, et ne pas laisser des considérations secondaires, comme un quartier sympa et un design plaisant, motiver sa décision. Ce qui compte, c’est qu’il nous permette de faire notre travail dans les meilleures conditions possible.

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Auteur : céline ; Date : 15 mai 2013
La traduction freelance

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Question d'équilibre
19 avril 2013