La virgule en anglais

1 mars 2010

shower curtainCeci a bien dû vous arriver à vous aussi : à la fin d’une dure journée de travail suivie d’une séance bien rude à la salle de sport, vous ne rêvez que de vous détendre dans un bon bain. Vous plongez dans les bulles avec un soupir de bonheur et laissez la paix et le calme vous envahir. Soudain, le téléphone sonne. Vous refusez de vous en soucier. La sonnerie retentit à nouveau et vous décidez à contrecœur d’y répondre. Cela ne se produit pas deux, mais trois fois, ce qui provoque l’échange de textos suivants :

Moi : CAN I ENJOY MY BATH WITHOUT HAVING TO GET OUT EVERY TWO MINUTES?! (JE PEUX PRENDRE UN BAIN TRANQUILLE SANS DEVOIR SORTIR TOUTES LES DEUX MINUTES?!)

Importun : You’re having a bath??!! (Tu es en train de prendre un bain ??!!)

Moi : Well I was, I got out as people are clearly intent on ruining it.
(Plus maintenant, j'ai décidé d'y couper court puisque vous étiez visiblement déterminés à le gâcher).

Importun : Tee hee (Awful comma splice in your last text, btw) (Ha ha! Très moche, la virgule dans ton dernier texto, au fait).

S’ensuit une longue dispute à coups de textos sur les subtilités de la ponctuation anglaise. Malheureusement, mon « ami » avait raison, comme le confirme wikipedia :

Deux clauses indépendantes ne doivent pas être reliées par une virgule, mais par une conjonction de coordination, un point-virgule ou un point. Exemple :

It is nearly half past five, we cannot reach town before dark.

Cet emploi de la virgule est généralement considéré erroné en anglais, mais il est acceptable dans certaines langues, dont le français et l’allemand, et obligatoire dans d’autres, comme le russe et l’ukrainien.

J’aurais donc dû composer ainsi ma phrase : Well I was, but I got out as people were clearly intent on ruining it (ou même Well I was, but I got out, as people were clearly intent on ruining it). L’article de Wikipedia sur l'usage erroné de la virgule en anglais donne des exemples d’utilisations acceptables et de corrections et le Purdue Online Writing Lab propose des règles plus complètes sur l'utilisation de la virgule en anglais (les deux articles sont en anglais). Je pense que les Français devraient être exemptés de cette règle, surtout dans les conversation par textos.

Photo du rideau de douche de Darwin Bell.

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Auteur : céline ; Date : 1 mars 2010 | Commentaires (1)
Le coin technique

Upper case et lower case

18 février 2010

upper and lower case
Je suis tombée par hasard sur l'origine des termes upper case (majuscule) et lower case (minuscule), qui ne m'avaient jamais vraiment intriguée, alors que je tentais de déterminer comment orthographier « beaux-arts » (majuscules ou pas ?). Le mot case renvoie aux casses (du latin cassa, « caisse ») ou boîtes contenant les caractères d’imprimerie. Au bas de la casse étaient rangées les minuscules et en haut, les majuscules, d’où upper case letter et lower case letter.

Photo de la machine à écrire par Marcin Wichary.

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Auteur : céline ; Date : 18 février 2010 | Commentaires (3)
Mots

Le ruban blanc

8 février 2010

Ce billet n'a rien à voir avec la traduction, l'anglais ou le français. Je tenais juste à partager un film que j'ai vu ce week-end. Une fois de plus, il est réalisé par Michael Haneke, qui est en train de devenir mon réalisateur préféré. Après Caché, un puissant essai sur la culpabilité coloniale de la France, Le ruban blanc (Das Weiße Band) (2009) est une superbe étude de la décomposition d'une société répressive et hypocrite dominée par quelques personnages tout-puissants. C'est aussi un triomphe visuel. À notre époque où l'industrie du cinéma est dominée par des effets spéciaux réalisés à coup de millions de dollars et des univers aussi bariolés qu'extravagants, il est bon de se rappeler à quel point un film en noir et blanc peut être expressif, subtil et d'une beauté époustouflante. Cette critique du Monde est excellente.


Le Ruban blanc sur Comme Au Cinema
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Auteur : céline ; Date : 8 février 2010 | Commentaires (0)
Culture

Nut roast

1 février 2010

nuts and boltsJ’ai passé lundi dernier en mission d’interprétariat dans l’East Sussex. Après une journée bien remplie, nous nous sommes tous retrouvés dans un pub très sympa de Lewes pour parler de projets à venir autour d’un bon repas. J’étais loin de me douter qu’un grave incident avait été évité de justesse grâce à la vigilance de la chef de projet britannique.

Quelques jours auparavant, les Français avaient dû faire leur choix pour le dîner. L’une des options pour le plat principal était nut roast (terrine végétarienne à base d’oléagineux), traduit par « rôti de noix ». Problème : dans l’esprit d’un Français, « rôti » fait presque inévitablement penser à de la viande, et la « noix » est un morceau de viande particulièrement savoureux (eye en anglais). C’est ainsi qu’en bons carnivores, les Français ont tous choisi le nut roast. Heureusement, la chef de projet britannique savait que son homologue n’apprécierait guère de se voir privé de viande pour un repas et lui a commandé un bon vieux steak-frites. Les autres ont dû se contenter d’une terrine végétarienne, qu'ils ont d'ailleurs beaucoup aimée.

La traduction des morceaux de viande est généralement très difficile ; je n’ai pas réussi à trouver un bon glossaire anglais-français à ce sujet. Si vous en connaissez un, je vous serai à jamais reconnaissante de le partager, sinon je vais devoir en mijoter un moi-même !

Photo de nuts (et de bolts) de paulmoody

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C'EST TOUT CHAUD

Un grand merci à mes copines sur Twitter : @falena84 m'a trouvé un glossaire sur le boeuf et un manuel de coupes de viande (canadien).
Également sur Twitter, @neliafahloun m'a également signalé l'existence d'une très joli billet sur les différences d'appellation des morceaux de viande en anglais américain et britannique.

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Auteur : céline ; Date : 1 février 2010 | Commentaires (2)
Mots

Fanlation

20 janvier 2010

Fanlation (fan + version abrégée de translation) est un terme que j’ai découvert tout récemment et je suis encore tombée dessus en lisant la dernière lettre d’information Tool Kit de Jost Zetzsche :

Je venais de proposer un nouveau mot pour le genre d’approvisionnement par la foule mis en œuvre par des sites comme Twitter et Facebook, qui s’appuient sur des hordes de mordus de leurs produits pour les traduire : fanlation.
collaborationQuand j’ai écrit mon billet sur le crowdsourcing, c’est exactement le processus que j’avais en tête, mais en fait, ce n’est pas forcément ainsi que l'approvisionnement par la foule fonctionne. Le processus que je décris dans mon billet est parfaitement décrit par le mot fanlation, mais en octobre, je ne le connaissais pas. Ces nouveaux concepts de traduction étant en constante évolution, avec le langage à leurs trousses, j’ai pensé qu’il serait utile de faire un petit topo à l’aide d’un mini glossaire des termes pertinents tels que je les entends.

Fanlation
Traduction de produits effectuée par des utilisateurs enthousiastes et prêts à y consacrer leur temps libre.

Crowdsourcing (ou approvisionnement par la foule)
Crowdsourcing est un néologisme composé du mot crowd et de la version abrégée d’outsourcing. Calqué sur l'outsourcing, qui consiste à faire réaliser en sous-traitance, donc externaliser des tâches qui ne sont pas du métier fondamental de l'entreprise, le crowdsourcing consiste à utiliser la créativité, l'intelligence et le savoir-faire d'un grand nombre d'internautes, et ce, au moindre coût.
Mot créé par Jeff Howe, collaborateur au magazine Wired, en 2006. Définition tirée de Wikipedia.

Traduction collaborative
Approche émergente où les entreprises exploitent certains éléments de l’approvisionnement par la foule dans un cadre bien défini pour réaliser très rapidement d’importants projets.
Définition tirée du site Common Sense Advisory.

CT3
Le CT3 associe la communauté, le crowdsourcing et la collaboration pour parvenir à des traductions rapides, de bonne qualité et répondant aux attentes des utilisateurs. Il peut faire intervenir ou non des traducteurs professionnels.
Créé par le Global Watchtower.

La fanlation (à moi de faire mon propre appel à contributions : impossible de trouver une traduction française satisfaisante, à vous de jouer !) aura-t-elle un impact sur mon travail ? L’une des critiques de la fanlation est que la qualité de la traduction a de grandes chances d’être inférieure à celle qu’on aurait obtenue si le travail avait été confié à des traducteurs professionnels, mais de nos jours, certains marchés répondent avant tout à des impératifs de vitesse et d’utilisabilité, pas de qualité. Une traduction « passable », rapide et bon marché suffira à satisfaire certains clients. Personnellement, je ne pense pas que la fanlation menace mon activité, car le gros de mon travail allie compétences rédactionnelles et connaissances spécialisées. J’ai du mal à imaginer qu’un donneur d’ordres puisse trouver assez de personnes disposant du temps libre, de la passion, des compétences langagières et des connaissances approfondies nécessaires pour créer une communauté capable de prendre en charge le genre de traduction que je fais.

Quant aux processus de traduction collaborative/par la foule, je pense que, tant qu’ils sont correctement gérés et sélectionnent des internautes armés des compétences nécessaires, ils auront un impact très positif en mettant davantage d’informations à la disposition d’un public plus vaste. Toute amélioration de la communication sur le plan mondial ne peut être que bénéfique. En ouvrant de nouveaux marchés, l’augmentation des documents traduits par les processus collaboratifs pourrait même offrir de nouvelles opportunités aux traducteurs professionnels : il est possible que les entreprises se sentent de plus en plus obligées de communiquer avec leurs clients potentiels dans leurs langues. J’aimerais aussi participer à un projet de traduction par la foule, pour entrer dans le ventre de la bête. De nouveaux outils de traduction basés sur l’Internet faisant régulièrement leur apparition, travailler dans le contexte d’une équipe multinationale est une perspective alléchante. Peut-être aurais-je dû l’ajouter à ma liste d’objectifs pour 2010 !

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Les résolutions d'une traductrice pour 2010

15 janvier 2010

J’ai pensé qu’il serait utile de revenir sur l’année 2009 et de me fixer quelques vagues orientations objectifs pour 2010.

Après mon déménagement à Leeds, 2009 devait être l’année du farniente, de la découverte d’une belle région et de la résurrection de mon espagnol moribond. Que nenni. Au lieu de cela, incapable de refuser des projets intéressants pour d’excellents clients, j’ai connu l’année la plus chargée de toute ma carrière. Échec sur toute la ligne donc si l’on se fie à mes intentions originales, mais j’ai quand même accompli deux ou trois trucs :

  • Sur 60 factures, 5 ont été envoyées à des bureaux de traduction. J’ai consolidé ma base de clients directs, ce dont je suis contente. Bien que j’aie formé un partenariat efficace et plaisant avec les agences de traduction avec lesquelles je travaille, je préfère développer des relations à long terme avec mes clients, ce qui me permet de leur offrir le meilleur service possible
  • J’ai procédé à une refonte complète de mon système de facturation et de comptabilité (voir mon billet sur la comptabilité des indépendants)
  • J’ai donné une présentation devant des étudiants français
  • J’ai assisté à trois webinars et un atelier. Ce n’est pas beaucoup, mais c’est un sacré progrès par rapport à 2008 (0 webinars et 0 ateliers)
  • Je me suis familiarisée avec les médias sociaux : j’ai appris comment utiliser Twitter dans un contexte professionnel, j’ai laissé tomber LinkedIn pour des questions d’éthique et je suis en train de réfléchir à la manière de me servir de Facebook
  • J’ai transformé ce site Web, qui représente mon principal outil marketing
  • J’ai mené pas mal de recherches sur d’autres outils de traduction et de productivité

En 2010, j’ai l’intention de :

  • Me remettre à l'espagnol, cette fois à l’aide des podcasts et fiches techniques de Notes in Spanish
  • Commencer à utiliser un logiciel de reconnaissance vocale (sans doute MacSpeech) et OmegaT
  • Continuer à assister à des webinars et ateliers, et si possible à une conférence
  • Décrocher un nouveau client dans le domaine du développement international, qui m’intéresse particulièrement (stratégie à déterminer)
  • Devenir membre de l’Institute of Translation and Interpreting
  • Faire du réseautage au sein de la communauté professionnelle de Brighton une fois que j’aurai déménagé
  • Moins négliger mon blog
  • Accepter au moins une invitation à donner une présentation
  • Suivre de près l’évolution de la traduction (crowdsourcing, traduction collaborative etc.)

Et vous, avez-vous des objectifs ?

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Departed
4 janvier 2010