Going on holiday is normally the time for me to read a lot, and especially to catch up with my unread Nouvel Observateurs. In one of them, I found an article on why Karen Blixen’s Out of Africa had to be retranslated.
Alain Gnaedig, the new translator, realised that the first translator, Yvonne Manceron, had a tendency to correct Blixen’s style, deleting adjectives that she found redundant and shortening sentences she found too long. She sometimes also "solved" translation difficulties by… deleting whole passages, including those dealing with the First World War; this was 1942 and in occupied Paris, it was best to not talk about past German defeats.
I think there is a clear link with Jim’s entry: Alain Gnaedig stayed a lot closer to the original text, and achieved a more faithful translation. This is an example in my opinion where the syntaxic and phonetic levels are crucial. It is obviously impossible to reproduce sentence constructions, but if an author chooses to express herself through long sentences and repetitions, this spirit should be adhered to as much as is possible, even if the translator thinks changing the style might be more elegant. Yvonne Manceron also gave priority to the pragmatic level (in a rather extreme way!) when she deleted passages dealing with the German defeat in 1918, ensuring that the German censorship wouldn’t forbid the publishing of the book. This was maybe necessary in 1942, but it is no longer the case nowadays.
Here is a comparison of passages from both translations, cited in the Nouvel Obs article:
The 1942 translation…
«Victor, interrogeait-il, qu’est-ce qu’un pronom? Dis-moi qu’est-ce qu’un pronom? Tu ne le sais pas? Je te l’ai dit au moins cinq cents fois!» Mon mari m’écrivit et me demanda d’assurer un transport avec quatre charrettes à bœuf et de le lui envoyer aussi vite que possible. Très tôt le lendemain, alors que les constellations brillaient encore au ciel, je me suis mise en route et nous avons commencé à franchir les interminables collines de Kijabe qui dominent les grandes plaines de la Réserve Masaï qui nous apparaissaient toutes grises dans la lumière matinale.
Gallimard, Folio, p. 353.
… and the new one
«Victor, demanda-t-il, qu’est-ce qu’un pronom? Qu’est-ce qu’un pronom? Victor? Tu ne sais pas? Mais je te l’ai dit au moins cinq cents fois!» Nos hommes postés près de la frontière ne cessaient de faire parvenir des messages à Kijabe, pour que des provisions et des munitions leur soient envoyées. Mon mari me demanda de faire charger quatre voitures à bœufs et de les envoyer le plus vite possible. Cependant, je ne devais pas les laisser circuler sans qu’elles soient surveillées par un Blanc, car nul ne savait où se trouvaient les Allemands, de plus, les Masais étaient très agités depuis qu’ils avaient eu vent de la guerre et couraient dans toute la réserve. A ce moment-là, on voyait des Allemands partout, et l’on faisait monter la garde sur le grand pont de chemin de fer de Kijabe pour empêcher que les Allemands ne le fassent sauter. […] Au petit matin, alors que les anciennes constellations brillaient encore dans le ciel, nous nous sommes mis en route et nous avons descendu les flancs interminables du Kijabe Hill, avec les grandes plaines de la réserve masai à nos pieds, qui semblaient d’un gris métallique dans la lueur de l’aube.
Gallimard, coll. «Du monde entier», p. 289-290.