Cet amusant billet de petite anglaise me rappelle qu’après ma petite virée à Dunkerque, je comptais aborder le délicat sujet de la bise.
Le projet de deux ans sur lequel je travaille en tant qu’interprète s’achève en février. Les partenaires anglais et français ont participé à huit réunions de deux jours, plus plusieurs réunions intermédiaires de moindre ampleur. En conséquence, nous avons eu le temps de faire connaissance et une bonne ambiance règne dans le groupe.
Tout le monde s’entend bien, ce qui complique singulièrement les choses au moment de se saluer. Une ferme poignée de main satisfaisait tout le monde au départ, mais nous avons dépassé l’étape de la politesse formelle et j’ai remarqué que les français ont eu tendance à retrouver leur comportement naturel, autrement dit deux bises pour dire bonjour. Quand notre hôte française nous a accueillis la semaine dernière, j’ai noté un mouvement, que seul un œil français pouvait percevoir : elle allait faire la bise au chef de projet anglais, qui se tenait près de moi. Il n’a pas bronché.
Les anglais, bien entendu, gardèrent leur distance tout en la saluant gaiement. Je ne sais pas pourquoi, mais j’ai pensé que ça ne suffisait pas. J’ai peut-être outrepassé mon rôle d’interprète, toujours est-il que j’ai foncé sur elle pour lui faire la bise, ce qui a causé l’effet domino attendu. Après tout, elle jouait à domicile, il était normal qu’on respecte ses règles. Je sais qu’à ce moment, les partenaires anglais m’ont sans doute maudite intérieurement, mais il était évident que notre hôte était bien plus à l’aise.
Jetez un coup d’œil à cette carte des bises en France pour savoir combien de bises on attend de vous dans les différentes régions de France. Je ne sais pas si elle donne des informations exactes, mais elle pourrait bien être utile à certains !
Je m’en vais pour quelques jours. Je vous souhaite à tous d’excellentes vacances, quoi qu’elles signifient pour vous !

De | 2016-10-18T15:51:32+00:00 17 décembre 2004|Interprétariat|6 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

6 Réaction

  1. Chninkel décembre 17, 2004 à 11:26

    L’inconvénient de la bise, c’est que ça m’a pris 20 minutes pour saluer toute le monde à ma dernière soirée française à Londers.
    Au moment de l’arrivée et au départ.
    Bonnes vacances!

  2. Papotine décembre 29, 2004 à 8:01

    Que lis-je ? “nous avons dépassé le *stage* de la politesse formelle” ?? j’y vois un petit anglicisme, n’est-il pas ?

  3. céline décembre 30, 2004 à 7:19

    Papotine : pire qu’un anglicisme, c’est un barbarisme ! Ma première réaction après avoir lu ton commentaire a été de penser que tu avais fait une erreur tellement il est hideux. Mais non, tu avais raison, et en plus, il saute aux yeux.
    Ce type de faute est dû à un phénomème bien connu de toute personne qui manipule régulièrement deux langues. Il est parfois difficile de les maintenir chacune dans son coin et quand, par mégarde, on en laisse une s’échapper, voici ce qui arrive : elle “pollue” l’autre langue et on dit ou écrit n’importe quoi.
    Je suis très consciente de ce problème dans mon travail, et pour l’éviter, je procède de la façon suivante : je traduis un document, disons, un lundi. Le lendemain, je le relis en le comparant au document source. Après cela, je le mets de côté aussi longtemps que mon échéance me le permet, et je relis plusieurs fois ma traduction sans toucher au document source, comme si c’était un texte original en français. Cela me permet de prendre une certaine distance par rapport au texte anglais et de me concentrer sur la qualité du français.
    Le problème avec ce site, c’est que mes articles sont beaucoup plus spontanés que cela, et que je ne suis pas vraiment en mesure de relire un article en français plusieurs jours après avoir rédigé l’original en anglais. D’où les erreurs qui s’immiscent. Merci de m’avoir fait remarquer celle-ci (que j’ai corrigée), je m’en servirai peut-être un jour comme exemple de traduction exécrable !

  4. Papotine décembre 31, 2004 à 11:39

    Un solécisme à l’accent british. Mais pas de quoi en faire un trifle, hein.

  5. julien janvier 6, 2005 à 5:31

    Bonjour, je suis avec beaucoup de plaisir ton blog depuis quelques semaines. Très agréable à lire, on y apprend plein de choses et il est plus sympathique que d’autres comme celui du Monde (qui me fait parfois penser à une dictée de Bernard Pivot ou un discours de Maître Capelo). En plus, il est plus joli à regarder.
    Quelle horreur, maintenant je sens que je vais devenir ce que je viens de critiquer. J’ai pas intérêt à faire de fautes d’orthographe.
    Etape est sans doute mieux que stage, mais il me semble qu’une étape fait plutôt partie d’un cheminement volontaire et déterministe alors que les rapports humains dans un groupe de travail suivent à priori une évolution naturelle. Le mot stade correspondrait mieux à cette situation. Stage devient alors une simple faute de frappe. Ca n’est pas si grave.
    A moins que la bise ne soit qu’une étape…
    Quel est exactement le but de vos réunions ?

  6. céline janvier 6, 2005 à 7:18

    Salut Julien, merci pour les compliments, si tu me voyais, je suis cramoisie de plaisir. Si seulement j’avais pensé à l’excuse de la faute de frappe… remarque, je me demande si, inconsciemment, je n’avais pas “stade” en tête, qui est en effet mieux, et qu’il est mal sorti. Ça expliquerait pourquoi je ne l’ai pas repéré au cours de mes nombreuses relectures.
    Les réunions en question ont pour but de faire le topo sur le projet auxquels tous les partenaires travaillent ensemble (en gros, sensibilisation à l’environnement) et qui se décline des deux côtés de la Manche. Très intéressant.

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