« Neck of the woods » (intraduisible, mais je risquerai « recoin de forêt ») est une expression que l’on utilise pour décrire là où on habite. Elle est particulièrement incongrue quand on vit dans une ville et que pour toute forêt, on doit se contenter des arbres qui bordent sa rue. Quand je l’utilise, j’ai l’impression que Hove est un environnement hostile où la lutte pour la survie est un souci quotidien. C’est comme si je vivais entourée d’ours et de couguars au lieu de mouettes et d’écureuils ; comme si je devais me lever à l’aube pour traire les vaches au lieu d’aller chercher sur mon perron la bouteille de lait qu’on me livre tous les matins.
J’ai toujours pensé que cette expression datait de l’époque où les forêts couvraient une plus grande superficie de l’Angleterre et où les gens vivaient à la Robin des Bois. Cependant, cela ne collait pas avec l’utilisation de « neck ». On peut utiliser ce mot dans un contexte géographique, mais pas vraiment pour une forêt.
The Word Detective nous offre une explication autrement plus intéressante :

« Neck » fait partie de toute une série de termes inventés par les colons au début de la conquête de l’Amérique pour décrire leur nouveau chez eux. Apparemment, ils ont sciemment décidé d’éviter les noms d’endroits utilisés en Angleterre pendant des milliers d’années et de créer des nouveaux termes « américains ». Ainsi, au lieu de « moor », « heath », « dell », « fen » et autres termes du vieux monde, les colons ont adopté « branch », « fork », « hollow », « gap », « flat » et autres termes utilisés à la fois en tant que noms (« We’re heading down to the hollow ») et en tant que noms propres (« Jones Hollow »).
« Neck » est utilisé en anglais depuis environ 1555 et décrit une avancée étroite de terre, généralement entourée d’eau. Ce choix provient de la ressemblance de cette caractéristique géographique avec une encolure d’animal. Mais ce sont les Américains qui ont été les premiers à l’utiliser dans le contexte d’une zone de forêt étroite, et, détail plus important, d’une colonie située dans une partie précise des bois. Dans un pays en grande partie recouvert par les forêts, votre « neck of the woods », c’était votre chez vous, le premier quartier américain.

En français, je ne crois pas qu’on puisse traduire cette idée par une métaphore. Je dirais « chez moi », « dans mon patelin », « par chez moi ».

De | 2016-05-26T13:57:20+00:00 9 février 2004|Expressions idiomatiques|3 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

3 Réaction

  1. Stuart Anthony Stilitz février 18, 2004 à 4:16

    Les anglophones que je connais, y compris moi-même, utilisons l’expression NECK OF THE WOODS pour désigner un quartier ou endroit particulier, et plus particulièrement un quartier/endroit/ arrondissement où l’interlocuteur n’était pas nécessairement attendu. Par exemple, on pourrait poser à son interlocuteur la question : QU,EST-CE QUI VOUS AMÈNE DANS CE QUARTIER? = WHAT BRINGS YOU TO THIS NECK OF THE WOODS?. Il y a un petit élément de surprise que l’interlocuteur mette pied dans le quartier, car il ne le fait pas d’habitude. Donc, DANS MON PATELIN conviendrait très bien dans plusieurs situations, mais ne couvre pas toutes les possibilités.
    Salutations
    Stuart Anthony Stilitz
    stus@sympatico.ca
    www3.sympatico.ca/stus

  2. Anouk février 23, 2004 à 6:45

    Je debute dans la traduction d’expressions idiomatiques et viens de rencontrer: LIKE A FOX GUARDING A HOUSE FULL OF CHICKENS (l’idee etant que celui en charge de proteger des interets publiques (par exemple) n’est pas impartial dans l’affaire et profite de la situation pour son avantage). Auriez-vous des suggestions quant a la traduction francaise d’une telle expression (tout en en gardant la couleur!)?Ce site est fascinant: Quelle bonne idee!!
    Merci/

  3. céline février 24, 2004 à 7:54

    Anouk, après avoir demandé aux anglophones autour de moi, il semble que cette expression ne soit en fait pas idiomatique. Autrement dit, elle n’est pas vraiment courante ou figée, comme peut l’être par example "a needle in a haystack", expression fixée par la tradition que la plupart des anglophones connaissent.
    Donc dans ton cas, je te suggère de la traduire littéralement, par exemple de la manière suivante : "Comme un renard chargé de surveiller un poulailler."
    Bon courage pour le reste !

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