J’ai un client avec qui j’aime travailler, mais il ne règle jamais mes factures dans les temps convenus (30 jours à compter de la date de la facture) et il faut toujours que je lui envoie plusieurs e-mails pour me faire payer. Il y a deux semaines, il m’a offert un autre projet:
Client : “J’ai un nouveau projet à vous proposer si vous êtes intéressée.”
Moi : “Merci, mais vous me devez plusieurs factures.”
Client : “Ah.”
Moi : “J’en ai assez de devoir vous harceler pour obtenir paiement de chaque facture.”
Client : “Ah.”
Moi : “Si je vous fournis un service qui vous satisfait, il serait normal que vous me payiez dans les temps, mais ce n’est pas le cas, alors je ne suis pas sûre de vouloir continuer à collaborer avec vous.”
Client : “C’est juste que j’ai un projet de 15 000 mots pour X (une grande société) et je pensais que cela vous intéresserait.”
Moi : “Écoutez, payez-moi toutes mes factures en souffrance et promettez-moi de respecter mes termes de paiement à l’avenir et on pourra peut-être travailler ensemble.”
J’étais fermement décidée à arrêter de travailler avec lui, mais le projet qu’il m’offrait était très intéressant et il avait l’air sincèrement désolé d’avoir oublié de régler mes factures, ce qu’il a d’ailleurs fait le lendemain de notre conversation. Je croise les doigts pour ce dernier projet, mais j’espère ne plus rencontrer de problème de paiement avec lui.
Cet épisode illustre l’un des aspects les moins agréables de mon travail ; les paperasses, les factures, les problèmes avec les clients, les difficiles décisions à prendre : cette personne est-elle digne de confiance ? Souffre-t-elle seulement d’un manque d’organisation ? Cherche-t-elle à m’exploiter ? Jusqu’à présent, j’ai eu de la chance : je ne suis jamais tombée sur quelqu’un de malhonnête, même si certain(e)s mettent plus de temps que prévu à me payer. Le meilleur moyen pour éviter les escrocs est de vérifier la réputation d’un(e) client(e) avant d’accepter une traduction, grâce à des listes telles que Transpayment, Payment Practices et Translator Client Review. Il s’agit d’outils incroyablement utiles, un exemple de la manière dont l’Internet peut aider les traducteurs et traductrices à s’entraider pour éviter de se faire flouer.
Il est important de garder une trace de tous les e-mails et lettres envoyés et appels passés pour réclamer son paiement. Si tout cela ne mène à rien, il faut traîner votre client(e) en justice auprès du Small Claims court au Royaume-Uni à l’aide du formulaire N1. Je n’en ai menacé un client qu’une fois et résultat, j’ai reçu mon paiement immédiatement. Pour réussir, il faut disposer de toutes les pièces prouvant qu’on a bien pris en charge un projet : bon de commande, e-mails et la traduction en question. Je ne démarre jamais un projet avant d’avoir reçu un bon de commande, sinon il me serait impossible de prouver l’existence d’un accord entre mon/ma client(e) et moi. Pour les client(e)s en dehors du Royaume-Uni, je ne sais pas comment procéder, mais si un jour j’ai besoin de l’apprendre, je vous le dirai !

De | 2016-10-18T15:51:42+00:00 22 octobre 2004|La traduction freelance|3 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

3 Réaction

  1. Angélique octobre 22, 2004 à 1:20

    Bonjour Céline,
    Cela fait maintenant quelques temps que je lis votre site assez religieusement, je dois dire. Je le trouve riche, pratique et intelligent.
    J’aime bien votre travail et le fait que vous partagiez aussi vos acquis, c’est la première fois que je vois une générosité intellectuelle, pertinente et accessible sur le net. Je tenais à vous remercier de cet exemple.
    Angélique

  2. Ivan Favennec novembre 15, 2004 à 3:36

    Céline
    je vous propose mon système qui marche à cent pour cent. Je dirige à Londres un cabinet d’Ingénierie Financière étant moi-même Ingénieur Financier (titre complètement inventé et qui impressionne beaucoup la clintèle). Je me fais payer par virement bancaire mensuels au cours desquels je dipense goutte à goutte la sagesse monétaire et comptable. Mes confrères avocats font exactement la même chose en demandant des “provisions” pour lesquelles une partie seulement du travail légal sera fait jusqu’à épuisement (de la provision, cela va sans dire).
    Vous pourriez très bien demander à vos clients douteux cette manière de rétribution, disons par centaines/milliers de mots, ce qui est très facile aujourd’hui avec un traitement de texte electronique. Ils auraient ainsi un très bon aperçu de la grande qualité de votre travail tout en vous aidant à gérer votre budget sans abuser de la situation.
    Tout n’est question que de position et de perception dans l’échelle sociale.
    Bien cordialement,
    Ivan Favennec
    AD MAJOREM
    FINANCIAL ENGINEERING

  3. céline novembre 15, 2004 à 3:48

    Vous voulez dire demander à mon client de me payer une somme fixe chaque mois, à mettre à jour de temps en temps en fonction du travail accompli ?
    Ça me semble une très bonne idée, mais malheureusement peu adaptée à mon cas précis : je ne travaille pour le client en question que par à-coups, je l’imagine mal donnant son accord à ce système vu que je passe souvent plusieurs mois sans travailler pour lui. Par contre, c’est une très bonne idée pour mes clients réguliers, mais ceux-ci me paient rubis sur l’ongle !
    Merci tout de même pour vos conseils et bravo pour votre titre ronflant ; je vais essayer de m’en trouver un qui en jette autant !

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