Un grand merci à Zachary pour m’avoir envoyé le lien vers un article du NY Times sur l’exécrable traduction en anglais de &quotLe deuxième sexe”, l’œuvre essentielle de Simone de Beauvoir. Cet article ne va pas être disponible gratuitement très longtemps, alors je vous conseille d’aller vite le consulter avant qu’il soit payant.
Pourquoi ce livre a-t-il été si mal traduit ? Parce que le traducteur, Howard Madison Parshley, était un professeur de zoologie à la retraite qui avait écrit un livre sur la reproduction humaine et faisait régulièrement la critique de livres sur la sexualité pour le New York Herald Tribune. Il n’avait jamais étudié la philosophie ou l’existentialisme. Pas étonnant qu’il ait rendu une aussi mauvaise copie ; le vocabulaire utilisé par De Beauvoir appartient à un courant précis de la philosophie existentialiste et dans son œuvre, elle développe une vision inédite de la femme : “On ne naît pas femme, on le devient.” Il fallait donc être vraiment optimiste pour espérer qu’un sexologue vieillissant produise une traduction fidèle de l’œuvre d’une féministe radicale (pour son époque).
Dans son article, Zachary mentionne le fait qu’il faut avoir une solide connaissance d’un sujet pour se lancer dans une traduction, et que le reste du monde semble de pas comprendre cela. Il a raison. Il m’est souvent arrivé de me voir proposer des documents traitant de domaines totalement inconnus de moi. On est souvent choqué et ennuyé quand je refuse de prendre en charge une telle traduction, et on semble avoir du mal à comprendre qu’un document présente plusieurs aspects ; même si j’en connais bien la langue, il me sera impossible de faire du bon travail si je n’en maîtrise, au moins dans une mesure raisonnable, le sujet.
… et merci à Adeline pour son lien vers un nouveau forum consacré aux problèmes de traduction.

De | 2016-06-08T10:59:16+00:00 23 août 2004|La traduction freelance|5 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

5 Réaction

  1. meusesurmeuse août 24, 2004 à 8:50

    Dans certains cas, il faut quand même mieux mal traduire un livre que de ne pas le traduire du tout…

  2. céline août 24, 2004 à 8:57

    Je trouve au contraire qu’il vaut mieux ne pas traduire un livre que trahir complètement son auteur et son message !

  3. meusesurmeuse août 25, 2004 à 6:24

    Le trahir complètement, c’est plutôt le laisser dans le silence de sa langue. Entre une mauvaise traduction aujourd’hui et une bonne dans 30 ans, je préfère quand même la première solution. On n’est pas toujours le plus qualifié pour transmettre un message, mais on est parfois le seul volontaire…

  4. Draugluin août 17, 2005 à 1:48

    Le problème est qu’une erreur de traduction ou même une simple approximation peut déformer ou inverser complètement le sens du message. Une traduction est toujours une trahison, comme le dit le dicton, mais c’est horrifiant de penser que selon le pays où ils se trouvent, les lecteurs vont lire des histoires peut-être complètement différentes. Si j’étais auteur, je frémirais.

  5. céline août 17, 2005 à 9:49

    Drauguin, d’où la nécessité d’employer de bons traducteurs/trices, de leur donner des échéances raisonnables et de faire relire leur travail par des personnes qualifiées… si on suit ce processus (plus cher et plus long, c’est certain), on est certain d’obtenir de la qualité.

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