Journaliste : “Well yes, but one thing is obvious: this might open a real can of beans” (Oui, mais une chose est certaine : cela pourrait ouvrir une boîte de haricots).
Éminent interlocuteur : “Err, yes, a can of beans, indeed…” (Euh, oui, une boîte de haricots, c’est vrai…)

[Pause] Journaliste, d’un ton beaucoup moins sévère : “Oh dear, did I say can of beans? I meant can of worms, of course” (Mon Dieu, j’ai dit une boîte de haricots ? Je voulais dire une boîte d’asticots, bien sûr).
Le programme Today, sur Radio 4, tôt le matin.
Une fois fini de glousser, je me suis interrogée, comme c’est souvent le cas, sur la traduction de cette expression (can of worms, pas can of beans). Je sais que to open a can of worms (ouvrir une boîte d’asticots) veut dire qu’on découvre une série de problèmes d’une complexité inattendue illustrés par les asticots apparemment impossibles à démêler. Je n’arrive pas à trouver une expression équivalente en français. Word reference nous donne guêpier, mais un guêpier, c’est plutôt un piège, une situation difficile dont on a du mal à se sortir ; to land oneself in it serait une bonne traduction de se fourrer dans un guêpier. Cette dernière expression ne communique pas l’idée de complexité inattendue, de problèmes entraînant d’autres problèmes. L’expression un sac de nœuds utilise la même image d’enchevêtrement, mais ne traduit pas l’idée de surprise. Je n’ai donc pas de réponse à ma question. Si vous trouvez une bonne traduction, je vous serai reconnaissante de me la murmurer à l’oreille.
De | 2016-10-18T15:51:17+00:00 30 mars 2005|Expressions idiomatiques|13 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

13 Réaction

  1. Grenadine mars 30, 2005 à 4:59

    Ouvrir la boîte de Pandore?

  2. Christophe mars 30, 2005 à 6:40

    Que penses-tu de “mettre le doigt dans un engrenage”? Il me semble que ça rend bien l’idée de se fourrer dans des problèmes qui en entraînent d’autres, non?
    Ton blog est toujours aussi stimulant. Compliments!

  3. céline mars 31, 2005 à 2:59

    La boîte de Pandore, j’y avais bien pensé, mais c’est plutôt du malheur qu’elle contient, non, pas des problèmes ?
    Le doigt dans l’engregnage, j’aime bien aussi, mais cette expression peut aussi être positive, tandis que “can of worms” ne l’est vraiment pas.
    Merci à vous deux !

  4. Katherine avril 1, 2005 à 12:50

    J’ai toujours pensé que “can of worms” voulait dire quelque chose qui n’était pas ce qu’il avait l’air d’être (excusez mon français, svp!) – par exemple une boîte d’asticots qu’on pensait être une boîte de spaghettis?

  5. céline R avril 3, 2005 à 9:26

    que penses-tu de donner un coup de pied dans une fourmilière ?

  6. céline avril 3, 2005 à 10:35

    Katherine : dans un sens, tu as raison, puisqu’on ne s’attend pas au déferlement de problèmes dans l’expression “can of worms”, mais l’accent est tout de même porté sur la complexité des problèmes qu’on découvre.
    céline R : j’aime bien l’image de la pagaille causée, mais quand on donne un coup de pied dans une fourmilière, on fait preuve d’une volonté de semer le trouble qui ne se trouve pas dans l’expression d’origine.

  7. Bruno juin 3, 2005 à 2:13

    Comme je vous le disais dans le message que je vous avais envoyé il y a quelques jours (vous disant que j’étais devenu un vrai “accro” de votre site), je ne suis pas du tout dans un métier littéraire, en fait je suis informaticien (un de plus, mais il en faut), et dans ce métier, quand on veut faire référence à quelque chose d’une complexité effrayante, on utilise souvent la métaphore du “plat de spaghetti”. Cela désigne, à la base, un programme mal structuré, où on a du mal à se retrouver, mais ça ne s’arrête pas là, et dire que quelque chose (un projet ou autre), est “un vrai plat de spaghetti” est, je pense, assez explicite. En revanche, j’ai un peu de mal à me rendre compte de la fréquence de l’utilisation de cette expression en dehors de mon milieu professionnel… Je l’utilise indistinctement à titre professionnel ou personnel, pour ma part, mais je dois avouer que je n’ai jamais fait attention au fait qu’elle était utilisée ou pas par mes interlocuteurs extra-professionnels. A vous de me dire si vous avez déjà entendu cela, vous êtes certainement plus objective que moi là-dessus !
    Partant de là, la phrase “This might open a real can of worms”, pourrait peut-être être traduite par “Cela pourrait [se] révéler [être] un vrai plat de spaghetti”… Un peu lourd à digérer peut-être ?
    L’image des spaghetti est d’ailleurs parfois utilisée par les anglais eux-mêmes, ne serait-ce que dans l’expression “the spaghetti junction”, le fameux embrouillamini de motorways qui se croisent à Birmingham sur plusieurs niveaux…
    Bon week-end à vous !
    Cordialement,

  8. céline juin 3, 2005 à 2:16

    J’aime bien l’idée des spaghettis pour décrire la complexité d’une situation, mais on perd l’élément de surprise, qui est à mon avis central à cette expression… en plus, je crois que c’est en effet une de ces expressions “locales”, utilisées par un petit nombre de personnes dans un contexte précis, je ne sais pas si Madame tout-le-monde comprendrait ce que vous voulez dire par là. Mais je me trompe peut-être !

  9. Jacqueline juin 8, 2005 à 11:18

    Parler d’un manque d’effet de surprise dans un “plat de spaghetti” informatique montre selon moi une certaine ignorance des circonstances dans lesquelles l’expression est utilisée (oui, oui, je travaille aussi dans l’informatique…). Je vous promets qu’un informaticien qui doit travailler sur un programme et qui découvre que c’est “du vrai spaghetti” ne s’y attend en principe pas, sauf s’il est blasé et aigri et pense qu’aucun de ses collègues ne travaille convenablement. Donc, s’il est un professionnel normal qui travaille dans des systèmes développés par d’autres professionnels, il sera surpris de découvrir les spaghettis cachés sous une surface (ou interface) bien lisse. Maintenant, j’ignore dans quelle mesure cette image est exportable dans d’autres domaines.

  10. jujuly juin 8, 2005 à 4:02

    Au titre de madame Tout le Monde à peu près ignare en informatique, j’y vais de mon petit commentaire personnel : pour moi, un plat de sphaghetti n’évoque rien de particulier…
    …sauf un bon moment en perspective quand j’ai très faim et qu’il est bien accommodé ;-D

  11. Xavier juin 15, 2005 à 10:10

    J’ai immédiatement pensé à la boîte de Pandore, moi aussi. Oui, la boîte ne renfermait que des malheurs. Mais ouvrir une boîte de vers n’est pas spécialement agréable. Et la boîte de Pandore me parait ce qu’il y a de plus approprié – “faute de mieux”, comme le disent nos amis britanniques.
    Voir ici: http://eduscapes.com/sessions/can/ la tête d’un petit gars qui vient d’ouvrir une de ces “cans”.
    D’où vient l’expression? Peut-être des Etats-Unis ( des Britanniques – en tout cas il y a quelques années – auraient plutôt parlé de “tin of worms”) ?

  12. Daouda juin 16, 2005 à 10:20

    Sans l’idée de complexité du problème, on pourrait bien utiliser l’exprssion du “cadavre dans le placard”. Après tout, elle insiste sur l’imprssion de surprise désagréable non ?

  13. Daouda juin 16, 2005 à 10:23

    Sans l’idée de complexité de problème, on pourrait bien utiliser l’expresion du “cadavre dans le placard”. Après tout, elle insite sur la surprise désagréable. Mais j’ai l’imprssion qu’elle ne correspond pas tout à fait.

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