Le site Web de la BBC nous dit que la dernière édition de l’Oxford English Dictionary comprend 1 500 nouveaux mots, dont chav, défini de la manière suivante : « une ou un jeune prolétaire qui affectionne les vêtements de sport ».
Voici ce qu’on trouve dans le wikipedia : « Le mot ‘Chav’ fait référence à un stéréotype appartenant à une certaine sous-culture : celui de la personne sans éducation, qui manque de raffinement et a tendance à se comporter de manière antisociale ou amorale. Cette appellation concerne en général, mais pas exclusivement, les adolescent(e)s et jeunes blanc(he)s appartenant aux couches sociales les moins favorisées. Très peu de personnes se reconnaissent dans ces étiquettes et catégories ; ce sont les personnes étrangères à ces groupes qui s’en servent pour ‘classer’ les individus censés correspondre à un certain stéréotype, qui se reconnaît à certaines tendances du point de vue du choix vestimentaire et du comportement. Ce stéréotype peut se résumer au critère suivant : l’appartenance à une classe défavorisée, la ‘classe’ étant mesurée à l’aune du bon goût plutôt qu’à celle des revenus. »
Cette définition est bien plus complète ; elle insiste sur le fait que ce mot est né suite au besoin de la société de définir et classifier un groupe spécifique. C’est également un moyen pratique d’ostraciser un segment entier de la population, composé d’un grand nombre d’individus différents qui ont en commun certains comportements bien superficiels et réducteurs. Cette étiquette de chav est sans appel : une fois qu’elle est appliquée à une personne, il est peu probable que celle-ci soit jamais prise au sérieux ; elle est marquée au fer rouge de la dérision et du mépris, quelle que soit son histoire personnelle.
C’est ainsi que notre paresseuse société tente de s’approprier les différents segments de la population ; elle crée des catégories à taille unique bien pratiques pour caser les geeks (génies de l’informatique ringards), les toffs, les bible bashers (culs bénis), les hippies, les pikeys (gitans), etc. tout en les maintenant à distance raisonnable ; inutile alors d’essayer de les comprendre ou – c’est inconcevable ! – d’engager un dialogue avec eux. L’utilisation du mot chav ne s’inscrit-elle pas dans une attitude qu’on pourrait décrire comme une forme de racisme social ?

De | 2016-10-18T15:51:06+00:00 10 juin 2005|Mots|1 commentaire

À propos de l'auteur:

Celine

Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

Un commentaire

  1. Fenollosa juin 12, 2005 à 7:41

    Marrant comme mot. Assez proche du mot equivalent Chava, raccourci de chaval ( en espagnol garçon) tel que pronnoncé par les andalous inmigrés à Barcelonne et qui servait à les designer par ce nom comme metèques. Drôles de pirouèttes que celles des langues.

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