Le battage médiatique suscité par la mort du pape Jean-Paul II m’a rappelé un poème de Carol Ann Duffy (tiré de The World’s Wife), qui, selon moi, représente un excellent exemple de la manière dont on peut utiliser le langage pour remettre en question les modes de pensée établis et ouvrir de nouvelles avenues de réflexion. La poésie touchant chacun et chacune de manière différente, je vais m’abstenir de l’analyser plus avant et vous laisser le lire. N’étant pas du tout douée pour la poésie, je ne me suis pas risquée à le traduire (si l’une ou l’un d’entre vous se sent tenté/e par le défi, je serai ravie de lire votre version).
Pope Joan
After I learned to transubstantiate
unleavened bread
into the sacred host
and swung the burning frankincense
till blue-green snakes of smoke
coiled round the hem of my robe
and swayed through those fervent crowds,
high up in a papal chair,
blessing and blessing the air,
nearer to heaven
than cardinals, archbishops, bishops, priests,
being Vicar of Rome,
having made the Vatican my home,
like the best of men,
in nominee patris et filii et spiritus sancti amen,
but twice as virtuous as them,
I came to believe
that I did not believe a word,
so I tell you now,
daughters or brides of the Lord,
that the closest I felt
to the power of God
was the sense of a hand
lifting me, flinging me down,
lifting me, flinging me down,
as my baby pushed out
from between my legs
where I lay in the road
in my miracle,
not a man or a pope at all.

De | 2016-10-18T15:51:16+00:00 4 avril 2005|Culture|1 commentaire

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

Un commentaire

  1. Arnal avril 7, 2005 à 12:35

    Bonjour Céline,
    Et bien après une première traduction “en prose” :
    Pape Jean
    Après avoir appris à transsubstantier
    le pain non levé
    dans l’hostie sacrée
    et balancé l’encensoir brûlant
    jusqu’à ce que des serpents de fumée bleu-verts
    s’enroulent autour de l’ourlet de ma robe
    et serpentent à travers cette foule fervente,
    là-haut dans ma chaire papale,
    bénissant et bénissant les airs
    plus près du paradis
    que cardinaux, archevêques, évêques et prêtres,
    étant Vicaire de Rome,
    ayant fait du Vatican ma maison,
    comme le meilleur des hommes,
    in nomine patris et filii et spiritus sancti amen,
    mais deux fois plus vertueux qu’eux,
    j’en vins à croire
    que je n’en croyais plus un mot,
    alors je vous le dis,
    filles ou épouses du Seigneur,
    que le plus près que je me sois senti
    du pouvoir de Dieu
    fut la sensation d’une main
    me soulevant, me jetant à terre,
    me soulevant, me jetant à terre,
    tandis que mon bébé se frayait une sortie
    entre mes jambes
    là où je gis sur la route
    dans mon miracle,
    pas du tout homme ni pape.
    Je modifie le texte (en trahissant parfois un peu le sens originel) pour équilibrer les pieds et les rimes, et ça peut donner ça :
    Pape Jean
    Après avoir appris à transsubstantier
    la pâte non levée
    de l’hostie sacrée
    et balancé l’encensoir fumant
    jusqu’à ce que des volutes de fumée océane
    s’enroulent autour de l’ourlet de ma soutane
    et serpentent à travers cette foule fervente,
    là-haut dans ma chaire papale,
    bénissant à tours de bras la salle
    plus près du paradis
    que cardinaux, archevêques, évêques et prêtres,
    étant Vicaire de Rome et aucunement son maître,
    ayant fait du Vatican mon chez-moi,
    comme les hommes les plus amènes,
    in nomine patris et filii et spiritus sancti amen,
    mais deux fois plus vertueux qu’eux,
    j’en vins à croire, poussé à bout
    que je n’y croyais plus du tout,
    alors je vous le dis,
    filles ou épouses du Seigneur,
    que ma meilleure preuve
    du pouvoir de Dieu
    fut la sensation d’une main de fer
    me soulevant, me jetant à terre,
    me soulevant, me jetant à terre,
    tandis que mon bébé se frayait une sortie
    entre mes jambes affaiblies
    là où je gis sur la route
    baignant dans mon petit miracle,
    pas du tout homme, pas du tout pape.
    (bon, c’est vite fait mal fait : il faudrait un verbe plus poétique que “balancé”, un terme plus fidèle à l’original que “la salle”, une meilleure façon d’amener la rime que d’ajouter “et aucunement son maître”, et pleins d’autres détails, mais l’idée est là en gros. Et puis je ne suis pas traducteur, j’aime juste l’anglais et traduire de la poésie/une chanson c’est un défi intéressant, bien que parfois impossible)

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