Les Français adorent emprunter des mots anglais qui n’existent pas. Après le parking (car park en anglais), le camping (campsite en anglais), je vous présente un nouveau venu : le testing. Je sais bien que le mot testing existe en anglais, mais il n’a pas la très spécifique signification de son homologue d’outre-Manche. En français, il désigne la stratégie utilisée par les organisations de lutte contre le racisme pour dévoiler les pratiques discriminatoires de certaines boîtes de nuit. On envoie des Noirs, des Blancs et des Beurs dans les boîtes de nuit ; si seuls les Blancs sont autorisés à entrer, on peut conclure que les Noirs et les Beurs sont victimes de discrimination, et comme la Cour de Cassation a validé cette méthode, les boîtes en question peuvent être poursuivies. Si l’on en croit un article du Nouvel Obs, “la nuit du testing” organisée en juillet par SOS Racisme a révélé que 40% des établissements testés se rendaient coupables de discrimination.
Cela me rappelle l’expression « délit de faciès », qui veut dire qu’une personne est considérée suspecte juste parce qu’elle a l’air étrangère (par exemple, on pourrait dire que le Brésilien Jean-Charles de Menezes a été tué pour « délit de faciès »). Je ne connais pas d’équivalent en anglais, je devrais donc paraphraser s’il m’arrivait de trouver cette expression au détour d’une phrase.
Pas de blogger de passage ce mois-ci, j’ai malheureusement dû négliger mon blog ces dernières semaines pour me concentrer sur mon travail. Désolée !

De | 2016-10-18T15:50:52+00:00 25 août 2005|Mots|8 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

8 Réaction

  1. TexAnne août 26, 2005 à 6:46

    La seule expression qui me vient à l’esprit est “DWB,” ce qui signifie “driving while black.” C’est calqué sur “DWI,” “driving while intoxicated.”
    euh…je me permets de me présenter, je suis américaine et prof de français langue étrangère à une fac au Texas. (dans le Texas?)

  2. céline août 27, 2005 à 10:48

    Oh so “driving while black” is actually an expression? Anita mentioned it on the French side of this blog but I thought she had made it up. I had never heard it, thanks.
    ps: Au Texas? Dans le Texas? Du Texas aussi ici!

  3. TexAnne août 28, 2005 à 1:45

    There’s also the variant DWH (driving while Hispanic). Cops assume that minorities driving in affluent neighborhoods don’t belong there, so they hassle them for no good reason.

  4. Xavier Kreiss août 28, 2005 à 8:13

    Fascinant, ce sujet des mots anglais qui n’existent pas et dont, pourtant, on se sert en France. Ou la variante que Céline mentionne – les mots anglais qui ont un sens en français, un autre sens pour les anglophones.
    Footing: moins utilisé qu’avant – on dirait plutôt jogging de nos jours (?). En anglais: indique une posture, une position (equal footing, war footing etc).
    Cross: synonyme de footing (en français). En anglais: traverser, croix, en colère etc.
    Lifting: en français: opération de chirurgie esthétique ( voir par exemple http://www.doctissimo.fr/html/forme/beaute_chirurgie/fo_2462_chirlifting.htm ). En anglais, on dirait facelift .
    Flipper: en français, jeu connu. En anglais, bien sûr, pinball . Flipper désigne je crois les petits machins articulés qui (si on appuie au bon moment sur le bouton ) renvoient la balle faire un tour dans le haut de la surface…
    Il y en a bien d’autres – mais mon préféré, aujourd’hui très désuet – disparu même, est speakerine.
    Speaker: au lieu d’annonceur. En anglais on dirait announcer – pas (dans ce contexte) speaker.
    Speakerine: vient de speaker (anglais) avec – semble-t-il – le suffixe allemand “ine” pour “féminiser” le mot ( comme dans Sprecherin, Französin, Engländerin etc). Un hybride anglo-allemand – qui l’avait inventé? Les annonces sont aujourd’hui lues par des voix “off”. Mais le monstre n’a pas disparu pour autant. J’ai constaté plusieurs fois que les voix sont encore appelées voix du “speaker” ou de la “speakerine”…

  5. Xavier Kreiss août 28, 2005 à 8:13

    Fascinant, ce sujet des mots anglais qui n’existent pas et dont, pourtant, on se sert en France. Ou la variante que Céline mentionne – les mots anglais qui ont un sens en français, un autre sens pour les anglophones.
    Footing: moins utilisé qu’avant – on dirait plutôt jogging de nos jours (?). En anglais: indique une posture, une position (equal footing, war footing etc).
    Cross: synonyme de footing (en français). En anglais: traverser, croix, en colère etc.
    Lifting: en français: opération de chirurgie esthétique ( voir par exemple http://www.doctissimo.fr/html/forme/beaute_chirurgie/fo_2462_chirlifting.htm ). En anglais, on dirait facelift .
    Flipper: en français, jeu connu. En anglais, bien sûr, pinball . Flipper désigne je crois les petits machins articulés qui (si on appuie au bon moment sur le bouton ) renvoient la balle faire un tour dans le haut de la surface…
    Il y en a bien d’autres – mais mon préféré, aujourd’hui très désuet – disparu même, est speakerine.
    Speaker: au lieu d’annonceur. En anglais on dirait announcer – pas (dans ce contexte) speaker.
    Speakerine: vient de speaker (anglais) avec – semble-t-il – le suffixe allemand “ine” pour “féminiser” le mot ( comme dans Sprecherin, Französin, Engländerin etc). Un hybride anglo-allemand – qui l’avait inventé? Les annonces sont aujourd’hui lues par des voix “off”. Mais le monstre n’a pas disparu pour autant. J’ai constaté plusieurs fois que les voix sont encore appelées voix du “speaker” ou de la “speakerine”…

  6. Dominique août 29, 2005 à 6:56

    Il y a pire pour « speakerine » : on a construit ensuite un masculin à partir du féminin ! C’est ainsi que certains présentateurs de programmes ont été nommés des « speakerins »…

  7. Stéphane septembre 6, 2005 à 8:15

    On retrouve également ce genre d’expressions détournées en allemand. Ce qui n’est pas très étonnant étant donné leur enclin chronique à semer leurs discours de mots et d’expressions anglaises. Ceci dit leur utilisation est la plupart du temps correct. Je n’ai qu’un seul exemple qui me vienne à l’esprit pour le moment, il s’agit de “handy” qui en allemand signifie téléphone portable mais qui en anglais est un adjectif désignant quelque chose de pratique, d’utile.

  8. Jonathan Miller septembre 7, 2005 à 8:11

    If refugees is offensive, how about sans-culottes?
    On France Info the other day they were referred to as “les homeless.”

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