Lu dans le Guardian d’hier :

Ned Sherrin, homme d’esprit, impresario, bon viveur et pilier de Radio 4, s’éteint à 76 ans.

Le Compact Oxford English dictionary nous dit que « bon viveur » est l’équivalent de « bon vivant ».

— ORIGINE pseudo-français, du français « bon » et « viveur » (une personne en vie)

Ce n’est pas tout à fait exact. En français, un « viveur » est une personne fêtarde, qui mène une vie de débauche ; ce mot a une connotation péjorative et je ne l’ai jamais vu utilisé avec « bon ». Un « bon vivant » est une personne qui aime la vie et ses plaisirs, ce qui semble avoir été le cas de Ned Sherrin, comme je l’ai entendu plus tard sur Radio 4, dans une rubrique où « bon viveur » a d’ailleurs à nouveau été utilisé pour le décrire. Je ne pense pas que ces deux expressions puissent être utilisées comme si elles étaient interchangeables, vu qu’elles décrivent deux animaux complètement différents. Il serait plutôt injuste de suggérer que quelqu’un qui apprécie un ou deux verres de vin en bonne compagnie est également le genre de personne qui n’émerge que rarement avant trois heures de l’après-midi et se retrouve régulièrement affalé dans un caniveau après avoir bu tout le stock d’alcool du supermarché du coin.
Qu’en pensez-vous ?

De | 2016-10-18T15:49:39+00:00 3 octobre 2007|Expressions idiomatiques|1 commentaire

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

Un commentaire

  1. Dominique octobre 4, 2007 à 11:54

    Littré oppose complètement le bon vivant du mal vivant :
    Mal vivant, qui se conduit mal. Absolument. En termes d’anciennes ordonnances, un mal vivant, un homme de mauvaise vie.
    Le viveur, c’était de son temps un néologisme (1830) pour désigner un noceur, un bambochard, un fêtard, celui qui mène une vie de patachon ou de barreaux de chaise, alors que le bon vivant était simplement l’homme qui mène bien sa vie, puis par extension qui est de bonne humeur, joyeux et agréable (sans que l’on ait besoin de boissons alcoolisées pour le dérider, je l’associerais plutôt aux plaisirs de la table). Le DHLF m’indique que viveur était encore fort employé vers 1900 et qu’il est plus ou moins inusité à présent. L’article parle de pseudo-français et on peut comprendre la confusion autrefois entre bon vivant et viveur par des touristes anglais qui se rendaient dans les cabarets de la Belle Epoque, comme le prince de Galles…

Les commentaires sont fermés.