candide2
Je n’ai pas pu résister à l’envie d’acheter cette magnifique nouvelle traduction anglaise de Candide, de Voltaire, l’un de mes livres préférés de tous les temps. J’ai aussi passé la semaine à suivre les pérégrinations des deux candidats présidentiels en préparation du scrutin de dimanche, et je me suis demandée si « candidat » et « candide » partageaient un ancêtre commun, même si le lien entre les deux mots n’est pas évident à première vue.
J’ai découvert qu’ils sont tous deux dérivés du mot latin candere (d’un blanc éclatant), qui a donné candidus (brillant, blanc, pur, sans malice), d’où « candide » (honnête, sincère), puis candidatus (habillé de blanc, en référence aux toges blanches portées par les personnes cherchant à se faire élire à une fonction publique dans la Rome antique), d’où « candidat ». Que le plus candide candidat (ou la plus candide candidate !) l’emporte…

De | 2016-10-18T15:49:58+00:00 4 mai 2007|Mots|5 Comments

À propos de l'auteur:

Celine
Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

5 Réaction

  1. sylvia mai 7, 2007 à 1:07

    Quel art de la transition! Tu aurais pu faire présentatrice de journal TV… Et avec quelle candeur tu relates ta soi-disant “découverte”! Allez, on ne marche pas, tu le savais déjà!
    A titre d’illustration, le pléonasme de Victor Hugo: “vêtu de probité candide et de lin blanc” (qui est aussi un cas particulier de zeugma, un attelage, donc inutile d’ajouter de contrepèterie sur le titre Booz endormi;-) ). Victor lave plus blanc que blanc, c’est bien connu: “innocente blancheur des neiges vénérables” pléonasme cette fois quadruple comme le relève (je crois) Ionesco dans Notes et contre-notes. Ou est-ce quelqu’un d’autre?
    Je me suis souvent présentée en blanc aux oraux ou entretiens d’embauche, j’ai l’impression que c’est un atout. Bonne continuation!

  2. céline mai 8, 2007 à 8:58

    Sarah, tu l’as deviné, je n’ai pas été entièrement candide sur le sujet. Ce n’est pas seulement les élections et l’œuvre de Voltaire qui m’ont poussée à voir s’il y avait un lien entre « candidat » et « candide ». Il se trouve que le jour où j’ai reçu le livre, en plein milieu de la campagne, j’ai aussi découvert qu’une amie souffrait de « Candida », un genre de levure qui provoque des mycoses. Candidat, Candide, Candida. Il fallait que je sache ! Je n’ai finalement pas parlé de « Candida » parce que, bien que ce mot vienne aussi de Candidus, je n’ai pas trouvé pourquoi… et aussi parce que ça me faisait bizarre de parler de la maladie d’une copine.

  3. Médard mai 8, 2007 à 7:47

    Sylvia : j’ai aussi découvert qu’une amie souffrait de « Candida », un genre de levure qui provoque des mycoses.
    Médard : c’est Candida albicans… beau pléonasme, là aussi !

  4. Dominique mai 10, 2007 à 8:31

    Le latin distinguait deux sortes de blancs : candidus qui était en effet le blanc brillant et albus qui était le blanc mat. On peut voir la même opposition dans ceruleus et glaucus. La mentalité antique n’était pas la même que la nôtre et elle n’avait pas la même perception des couleurs : on accordait plus d’importance à la tonalité et certaines couleurs n’existaient pas comme l’orange qui apparaît à la Renaissance, le brun, le gris au Moyen Âge ou plutôt étaient confondues dans d’autres comme le jaune, le vert. Cette opposition semble avoir existé aussi en gaulois, et c’est progressivement par les apports germaniques que nous avons accédé à la gamme chromatique actuelle. Je recommande les ouvrages de Pastoureau sur l’histoire des couleurs où tout n’est pas en noir et blanc.

  5. céline mai 11, 2007 à 8:27

    Passionnant ! Je compte justement rédiger un billet sur un mot dérivé du latin albus.

Les commentaires sont fermés.