Avant-propos
Sur l’invitation de Céline, j’ai accepté de consigner dans ce blog les étapes de mon parcours alors que je m’apprête à me lancer dans la traduction en freelance. Si Céline perçoit derrière ce projet un attrait éducatif et informatif pour les futurs candidats au grand plongeon, je pense, pour ma part, que la réflexion qui découle de l’écriture même alliée à vos commentaires et conseils devrait m’aider à garder un regard critique ainsi qu’un recul des plus salutaires. Toutefois, ceci ne reste qu’une expérience personnelle et je ne vise en aucun cas par cette chronique l’exemplarité.
Volet 1
Je consacrerai ce premier volet à la présentation de mon parcours antérieur. Née en France, j’y ai grandi et fait des études de langues et de littérature. L’intérêt pour les langues étrangères est venu avec la découverte de la lecture au cours préparatoire et plus particulièrement avec les livres d’un auteur au nom mystérieux : Enid Blyton. Lorsque j’appris par ma mère qu’il était anglais, de nombreuses questions m’assaillirent. Comment cela était-il possible puisque Oui-Oui parlait français ? Plus tard, une fois le principe de traduction expliqué, je continuai de me poser des questions telles que : « un nom d’objet traduit de l’anglais en français correspond-il bien au même objet que nous avons en France ? » Aujourd’hui encore, je suis émue par la perspicacité et la justesse des questions d’enfants. Comment se fait-il qu’à un si jeune âge, on puisse entrevoir déjà toute la complexité de certains problèmes ?
D’autre part, le pronom « il » utilisé un peu plus haut dans « il était anglais » renvoie ici non seulement au terme générique d’ « auteur » mais aussi à l’individu. Rendez-vous compte, pendant plus de 15 ans, j’ai vécu dans la fausse certitude que le créateur de mes compagnons d’enfance à savoir : Oui-Oui, Jojo Lapin, le Club des Cinq et le Clan des Sept, était un homme ! De cette découverte, je tirai deux leçons fondamentales. Premièrement une méconnaissance de la culture de la langue source peut entraîner d’énormes bévues, et deuxièmement, toute information est à vérifier.
Tout cela pour dire que le fait de me lancer dans la traduction n’est pas une lubie mais bien le fruit d’une passion de longue date pour les langues.
À partir de ce moment-là, mon parcours scolaire et universitaire a été assez limpide : j’étudiai le maximum de langues auquel le système scolaire français m’autorisait : deux langues vivantes et une langue morte au collège, trois langues vivantes au lycée, tout cela ponctué de séjours linguistiques pendant l’été. Dès le lycée, l’anglais s’imposa comme une de mes langues favorites et je décidai de me tourner vers une carrière dans l’enseignement. Après le bac, je continuai d’approfondir les matières littéraires en classes préparatoires (hypo et khâgne) avant de poursuivre une licence et une maîtrise de littérature anglaise à la Sorbonne. J’enchaînai ensuite par un CAPES d’anglais et une licence français langues étrangères. En plus de mes études formelles, j’axai tous mes efforts et mes voyages pour en apprendre toujours plus sur ce pays et cette langue qui me fascinaient (et continuent toujours de me fasciner) : séjour au pair sur la côte balnéaire et résidentielle du Lancashire, études à Liverpool. Mes diplômes en poche, j’enseignai en région parisienne pendant trois ans avant de partir retrouver mon chercheur de mari en Grande-Bretagne. Cela fait bientôt cinq ans que j’y enseigne le français aux adultes. À mesure que les chances de rentrer un jour en France s’amenuisaient et que le besoin d’avoir un emploi mobile et flexible se faisait de plus en plus pressant, je décidai de retourner à mes premières amours : la traduction.
Au hasard de mes recherches Internet, je tombai sur un site truffé de bons conseils rédigés par une Française dont le parcours présentait un certain nombre de similarités avec le mien. Suivant les conseils de Céline Graciet pour la nommer (mais vous l’aviez sans doute reconnue), je m’inscrivis aux cours à distance dispensés par City University pour préparer le Diploma of Translation du Chartered Institute of Linguists. Cette préparation qui s’est étalée sur 10 mois m’a fourni un cadre, des textes d’entraînement correspondant aux critères de l’examen, des objectifs à atteindre ainsi que des dates butoirs à respecter. Elle m’a aussi aidée à retrouver certains automatismes de traduction, à acquérir une plus grande rapidité et surtout à m’ouvrir à certaines spécialisations.
Un an et demi plus tard, forte de ce diplôme, je m’apprête à tirer un trait, provisoirement du moins, sur ma vie confortable de fonctionnaire de l’Education Nationale ou d’employée d’université pour plonger dans les méandres incertains du travail en freelance.
Marie.
À suivre…

De | 2016-10-18T15:49:53+00:00 6 juin 2007|De passage|5 Comments

À propos de l'auteur:

Celine

Je m’appelle Céline Graciet et j’offre mes services de traduction de l’anglais au français à différents clients travaillant dans des secteurs variés. En 2003, j’ai lancé un blog abordant des sujets variés : les langues, la traduction, l’anglais, le français et tout ce qui touche au secteur de la traduction et à la vie d’une traductrice.

5 Réaction

  1. thibault juin 6, 2007 à 3:08

    Diantre ! Je lisais aussi Oui-Oui, tout môme ! Et j’étais également connement persuadé qu’Enid blyton était un homme !
    Enfin, après 20 ans d’erreur, il n’est jamais trop tard pour découvrir la vérité.

  2. Michèle juin 8, 2007 à 7:12

    Témoignage intéressant, en particulier sur Enid Blyton. Juste une remarque : dans la version anglaise, tu parles de Big Ears et en français de Jojo Lapin. J’ignore si tu voulais parler du même personnage dans les deux versions mais Jojo Lapin s’appelle Brer Rabbit en anglais et Big Ears est Potiron en français. Ma soeur et moi étions fans d’Enid Blyton et nous nous sommes amusées à rechercher le nom des personnages dans les deux langues.
    En tout cas, bon courage pour la suite.

  3. céline juin 9, 2007 à 5:03

    Merci Michèle ! C’est moi qui ai traduit en anglais le texte original de Marie, mea culpa donc, j’aurais dû vérifier mais j’étais persuadée d’avoir raison… comme quoi, même après plusieurs années de pratique, il est bon de se rappeler certaines leçons fondamentales (« toute information est à vérifier ») ; Marie ne sera visiblement pas la seule à tirer bénéfice de ce journal !

  4. Marie juin 10, 2007 à 1:48

    Moi aussi, j’ai un mea culpa à faire… j’ai relu la traduction de Céline avant publication et ai interprété son choix pour « Big Ears » comme un choix méthodologique et technique. Comme « Brer Rabbit » semble être un personnage un peu moins connu d’Enid Blyton que « Noddy » et autre « Big Ears », je me suis dit que Céline en optant pour l’ami de Oui-Oui préférait mettre l’accent sur un héros plus emblématique. Et il est vrai que ce qui importe ici, ce n’est pas Jojo Lapin lui-même (bien qu’il ait joué un rôle important dans ma vie) mais l’évocation des personnages principaux de Blyton qui parlent à l’imaginaire collectif.
    J’en tirerai donc une troisième leçon : communiquer autant que possible avec le client ou le traducteur pour dissiper toute zone d’ombre plutôt que d’essayer de jouer aux devinettes!

  5. Keith juin 14, 2007 à 8:08

    Pour rester dans le fil de Enid Blyton (et
    l’élision… aurais-je dû marquer » d’Enid « ?), il
    paraît qu’au mîme moment que quelqu’un transcrivait
    les histoires de Brer Rabbit en anglais, un certain
    Alcée Fortier couchait sur papier dans les bayous de Louisiane les histoires de Compair [sic] Lapin. Et ça touche bien aussi aux accents, dialectes et patois, il me semble bien.
    Donc voici un lien sur les Contes Créoles louisianais:
    http://www.centenary.edu/french/creole/ccl3.htm

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